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	<title>SwampDiggers</title>
	<link>https://www.swampdiggers.com/</link>
	<description>Rap, trap, trill, phonk, emo, cloud, soul, funk, footwork, juke, grime, rythm &amp; blues.</description>
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		<title>SwampDiggers</title>
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		<title>Paranoia : A True Story</title>
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		<dc:date>2017-11-10T08:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas No Cap</dc:creator>


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&lt;p&gt;En attendant la sortie de son premier album studio, Dave East explore l'envers du d&#233;cor de sa c&#233;l&#233;brit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;A quoi ressemblera le rap dans les prochaines ann&#233;es ?&#034;. Voil&#224; une question que tous les passionn&#233;s de rap se sont pos&#233;s au moins une fois. Les nouveaux artistes d&#233;filent &#224; un rythme fou et dans cet embrouillamini de rappeurs tous plus originaux et color&#233;s les uns que les autres, il y a de quoi devenir fou. Ou &#233;pileptique. Mais au milieu de cette jungle de nouvelles tendances, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH75/arton265-e3407.png?1634834183' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En attendant la sortie de son premier album studio, Dave East explore l'envers du d&#233;cor de sa c&#233;l&#233;brit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;A quoi ressemblera le rap dans les prochaines ann&#233;es ?&#034;. Voil&#224; une question que tous les passionn&#233;s de rap se sont pos&#233;s au moins une fois. Les nouveaux artistes d&#233;filent &#224; un rythme fou et dans cet embrouillamini de rappeurs tous plus originaux et color&#233;s les uns que les autres, il y a de quoi devenir fou. Ou &#233;pileptique. Mais au milieu de cette jungle de nouvelles tendances, il demeure un style qui n'a jamais connu de r&#233;el d&#233;clin depuis la fin des ann&#233;es 80 : le &lt;i&gt;gangsta rap&lt;/i&gt;. De &lt;strong&gt;N.W.A.&lt;/strong&gt; &#224; &lt;strong&gt;Mozzy&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Dave East&lt;/strong&gt; est l'un de ces gangsta rappeurs et son nouveau projet, &lt;i&gt;Paranoia : A True Story&lt;/i&gt;, s'apparente plus &#224; un album avant l'album qu'&#224; un v&#233;ritable EP. Son premier vrai album studio, lui, devrait voir le jour chez Def Jam et Mass Appeal dans les mois qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Originaire d'Harlem, l&#224; o&#249; des ic&#244;nes telles que &lt;strong&gt;Mase&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Cam'ron&lt;/strong&gt; ont fait leurs premiers pas, Dave East s'est rapidement impos&#233; comme l'un des fers de lance du rap new-yorkais. Il se passionne tr&#232;s t&#244;t pour le rap mais c'est son autre passion, le basketball, qui lui donne sa premi&#232;re chance de quitter le &lt;i&gt;hood&lt;/i&gt;. Alors qu'il joue au poste d'ailier chez les &lt;strong&gt;Tigers&lt;/strong&gt; de l'universit&#233; de Towson, pr&#232;s de Baltimore, ses tr&#232;s bonnes aptitudes lui permettent m&#234;me de se faire remarquer par la toute puissante NBA. Mais ce parcours qui commen&#231;ait comme celui d'une star du basket va soudainement tourner vinaigre. En effet, le jeune Dave est difficile &#224; discipliner et ses relations tendues avec les coachs le font tout bonnement virer de l'&#233;quipe. Il commence donc au m&#234;me moment &#224; s'adonner &#224; divers trafics dans la ville de &lt;i&gt;The Wire&lt;/i&gt;. Mais loin de poss&#233;der le talent pernicieux de Stringer Bell, il finit par se faire alpaguer pour vente de substances illicites et se voit contraint de passer par la case prison. L'implacable justice am&#233;ricaine le condamne &#224; six mois ferme dans un centre p&#233;nitentiaire de Baltimore, l&#224; o&#249; il ne conna&#238;t absolument personne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;video&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/MX0q3bR49pw&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A sa sortie de taule, Dave a fichu en l'air son unique opportunit&#233; de fouler les parquets, son unique chance de briller devant une foule en liesse et des millions de t&#233;l&#233;spectateurs. Il a fichu en l'air le r&#234;ve de son p&#232;re qui, pour la petite histoire, s'&#233;tait point&#233; le jour de sa naissance avec un ballon sous le bras histoire de forcer un peu le destin. D&#233;pit&#233; mais pas au fond du trou, il lui reste cette autre passion brulante dont la flamme n'a jamais vacill&#233; au fond de lui : le rap. A partir de 2010, il sort plusieurs projets gratuits et le petit succ&#232;s qu'ils obtiennent dans les rues de la Grosse Pomme l'encourage &#224; continuer sur cette voie avec toujours plus de force et d'opini&#226;tret&#233;. Le travail acharn&#233; finit par payer en 2014 : sa mixtape &lt;i&gt;Black Rose&lt;/i&gt; fait un carton. Dave re&#231;oit les louanges de personnalit&#233;s aussi &#233;clectiques qu'influentes (&lt;strong&gt;DJ Khaled&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Wyclef Jean&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;DJ Premier&lt;/strong&gt;) et sa mixtape parvient jusqu'aux oreilles d'un &lt;strong&gt;Nas&lt;/strong&gt; tr&#232;s enthousiaste qui souhaite le rencontrer. Cette fois, hors de question pour le jeune harl&#233;mite de 25 ans de laisser passer sa chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il signe donc chez Mass Appeal &#8211; alors r&#233;cemment fond&#233; par Nas - ainsi que chez Def Jam et se fait conna&#238;tre &#224; plus grande &#233;chelle (jusque sur la couverture de la XXL Freshman Class de 2016) pour les qualit&#233;s qu'on lui conna&#238;t. Dave est un rappeur &#224; la voix rauque et abrasive, aux rimes poignantes et ac&#233;r&#233;es comme un coupe-chou. Un lyriciste au go&#251;t prononc&#233; pour le storytelling sombre et le r&#233;cit autobiographique qui ne cherche en aucun cas &#224; glorifier la vie de gangster. Un p&#232;re qui ne demande qu'&#224; vivre de sa musique pour &#233;lever sa fille dans les meilleures conditions possibles, loin de l'&#226;pret&#233; du ghetto. Le rappeur nous a habitu&#233; &#224; un certain niveau de virtuosit&#233;, que ce soit dans la variation de ses flows, la science de ses refrains ou l'utilisation millim&#233;tr&#233;e de gimmicks. On sent &#233;galement l'influence majeure de Nas, des &lt;strong&gt;The Lox&lt;/strong&gt;, des &lt;strong&gt;Diplomats&lt;/strong&gt; et d'autres l&#233;gendes de la c&#244;te Est sur son &#233;volution artistique, m&#234;me si on pense plus spontan&#233;ment aux deux premiers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La paranoia comme monnaie du succ&#232;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le titre &#233;ponyme, avec sa nappe de violons sinistres et distordus usin&#233;e par &lt;strong&gt;Nonstop Da Hitman&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;808 Mafia&lt;/strong&gt;), le ton est donn&#233;. Le rappeur dresse son &#233;tat de suspicion constante depuis qu'il est &#233;cout&#233; par monts et par vaux dans les rues de New York. Que ce soit des amis qui se trahissent sur &lt;i&gt;They Hated&lt;/i&gt; ou des michetonneuses qui n'en veulent qu'&#224; son pognon sur &lt;i&gt;My Dirty Little Secret&lt;/i&gt;, ce poison insidieux qu'est la parano&#239;a est bien le ma&#238;tre mot de cet EP. La naissance de sa fille l'a probablement apais&#233; et ouvert &#224; d'autres horizons artistiques, mais elle l'a aussi rendu plus m&#233;fiant, plus regardant quant &#224; son entourage, plus qu'&#224; une &#233;poque o&#249; il n'avait rien &#224; bouffer et vivait de l'illicite. Une fois n'est pas coutume chez Dave East, il est l&#224; encore question de survie dans la rue, de son imperturbable voyage vers la r&#233;ussite. Des blocks crapoteux &#224; l'am&#233;nit&#233; des plages de Floride, de son destin bris&#233; de basketteur en NBA (&#034;Can't describe the pain I felt when people told me you should ball&#034; sur &lt;i&gt;Wanna Be Me&lt;/i&gt;) &#224; sa position de pointure du rap new-yorkais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_774 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH333/dave-east-paranoia-art_1-45238.jpg?1508404760' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'autre sentiment tr&#232;s pr&#233;sent sur cet EP qui est li&#233; d'une certaine mani&#232;re &#224; la psychose de Dave, c'est l'amour. Ou plut&#244;t ce qui s'en approche et ce qui peut en rester. La plume du rappeur ne laisse que peu voire pas de place pour la sympathie. L'amour est probablement mort dans l'une des venelles d'East Harlem, lard&#233; de coup de surins et de sentiments cr&#232;ve-c&#339;urs. La seule lueur qui &#233;mane des plaies b&#233;antes du c&#339;ur de pierre de ce bon vieux Dave, c'est l'amour ineffable qu'il porte &#224; sa fille Kairi, sa famille et quelques-uns de ses amis d'enfance. En dehors de ceux-l&#224;, son c&#339;ur reste froid en toute circonstance. Et ce ne sont pas les sc&#232;nes lugubres qu'il nous met sous les yeux qui prouveront le contraire, &#224; l'image du flashback qui s'op&#232;re d&#232;s le refrain de &lt;i&gt;Phone Jumpin&lt;/i&gt; (&#034;Residue still on my hand / It feels like I'm back in the kitchen&#034;). Pourtant, le rappeur s'essaie &#224; l'exercice du single radio destin&#233; &#224; la gente f&#233;minine sur &lt;i&gt;Perfect&lt;/i&gt;, avec &lt;strong&gt;Chris Brown&lt;/strong&gt;. Son refrain, un bel entrelacement de m&#233;lodies sensuelles, s'av&#232;re tr&#232;s efficace et fait parfaitement &#233;cho au th&#232;me de la chanson : la s&#233;duction de la femme de ses r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines instrumentations se veulent plus trap mais l&#224; o&#249; Dave brille le plus, c'est sur les productions boom bap. On peut citer les forts accents R&amp;B du titre &lt;i&gt;Have You Ever&lt;/i&gt;, les guitares intimistes de &lt;i&gt;My Dirty Little Secret&lt;/i&gt; et surtout &lt;i&gt;They Hated&lt;/i&gt;, avec sa ligne de basse mena&#231;ante comme un crissement de pneu annonciateur d'un drive-by. Le titre &lt;i&gt;Maneuver&lt;/i&gt;, produit par l'excellent &lt;strong&gt;Harry Fraud&lt;/strong&gt; et sur lequel appara&#238;t &lt;strong&gt;French Montana&lt;/strong&gt;, est &#233;galement tr&#232;s r&#233;ussi et dans la lign&#233;e des tr&#232;s bonnes choses concoct&#233;es par le producteur pour les Coke Boys. On regrettera tout de m&#234;me les performances faiblardes de &lt;strong&gt;Wiz Khalifa&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Jeezy&lt;/strong&gt; qui servent plus &#224; attirer le chaland qu'autre chose, le non-featuring de &lt;strong&gt;Nas&lt;/strong&gt; qui est franchement d&#233;cevant &#8211; ce dernier se contente de parler au d&#233;but et &#224; la fin de &lt;i&gt;They Hated&lt;/i&gt; - ainsi que le manque de constance du projet. Le concept que Dave East cherche &#224; cr&#233;er, celui d' &#034;histoire vraie&#034;, nous laisse indubitablement sur notre faim. En effet, les interludes n'apportent rien d'indispensable aux r&#233;cits du rappeur et laissent un arri&#232;re-go&#251;t d'inachev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, &lt;i&gt;Paranoia : A True Story&lt;/i&gt; est une tr&#232;s bonne sortie. Un EP plus tourn&#233; vers le grand public dans le bon sens du terme. Il remplit parfaitement sa mission : faire patienter le public avec des titres poignants. Mais il reste tout de m&#234;me en de&#231;&#224; de son pr&#233;c&#233;dent projet : l'excellent &lt;i&gt;Kairi Channel&lt;/i&gt; qui, malgr&#233; son statut de mixtape, s'&#233;tait r&#233;v&#233;l&#233; bien meilleur que certains albums sortis l'an pass&#233;. Il reste &#224; esp&#233;rer que Def Jam et Mass Appeal sauront marketer le rappeur d'East Harlem comme il se doit pour son premier album. Le faire d&#233;coller sans alt&#233;rer son style, lui faire toucher les &#233;toiles en lui laissant les pieds solidement ancr&#233;s dans le bitume. Et surtout sans le cramer avec des &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=cqFs89sCRRg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tentatives de tube &#224; peine voil&#233;es&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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