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	<title>SwampDiggers</title>
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	<description>Rap, trap, trill, phonk, emo, cloud, soul, funk, footwork, juke, grime, rythm &amp; blues.</description>
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		<title>SwampDiggers</title>
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		<title>Pour l'amour des billets</title>
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		<dc:creator>Axel Bodin</dc:creator>


		<dc:subject>Memphis</dc:subject>
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		<dc:subject>Project Pat</dc:subject>

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&lt;p&gt;Retour sur la carri&#232;re motiv&#233;e par l'argent de Project Pat &lt;br class='autobr' /&gt; Ecouter la playlist &lt;br class='autobr' /&gt;
La critique est constante depuis des ann&#233;es : le rap new-yorkais idol&#226;tre la culture hip-hop du plus profond de ses entrailles alors que le rap du sud ne s'est engag&#233; dans cette cause seulement pour les billets imprim&#233;s du portrait de Benjamin Franklin. Un th&#233;orie qui pourrait &#234;tre vite d&#233;mantel&#233;e tellement la th&#233;matique d'avoir les poches pleines est inh&#233;rente &#224; tout type de rappeurs, quelque soit son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH112/arton474-011d5.png?1634921349' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Retour sur la carri&#232;re motiv&#233;e par l'argent de Project Pat&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;a href=&#034;https://fanlink.to/ProjectPat-PourLAmourDesBillets&#034; class=&#034;btn btn-swamp btn-lg&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Ecouter la playlist&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La critique est constante depuis des ann&#233;es : le rap new-yorkais idol&#226;tre la culture hip-hop du plus profond de ses entrailles alors que le rap du sud ne s'est engag&#233; dans cette cause seulement pour les billets imprim&#233;s du portrait de &lt;strong&gt;Benjamin Franklin&lt;/strong&gt;. Un th&#233;orie qui pourrait &#234;tre vite d&#233;mantel&#233;e tellement la th&#233;matique d'avoir les poches pleines est inh&#233;rente &#224; tout type de rappeurs, quelque soit son emplacement g&#233;ographique. Mais accueillons &#224; bras ouverts cette tendance en nous penchant sur le rappeur &lt;strong&gt;Project Pat&lt;/strong&gt;, qui revendiqua haut et fort son attrait pour les piscines d&#233;bordantes de papier-monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vivre &#224; Memphis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cor prend forme : des cadavres de voiture sont inertes sur le bord de la chauss&#233;e, des maisons en ruines parcourent les all&#233;es silencieuses et des junkies s'accaparent la ville, r&#233;p&#233;tant en boucle qu'il n'y a pas de futur ici. Description peu &#233;logieuse du nord de Memphis, antith&#232;se du sud de la ville gratifi&#233; de manoirs luxueux - o&#249; Elvis Presley a &#233;coul&#233; de beaux jours. Dans les grandes avenues quadrill&#233;es du quartier d'Hollywood, Patrick Earl Houston alias Project Pat y passe son enfance. Cadet de la famille, Pat n'a pas un petit fr&#232;re comme les autres : Jordan Michael Houston, plus connu sous le pseudonyme de &lt;strong&gt;Juicy J&lt;/strong&gt;. Pour consolider cette famille, leur p&#232;re est un pasteur. Cette relation triangulaire permet &#224; Pat de ne jamais croire aux fables des h&#226;bleurs de la rue, et d'&#234;tre pr&#234;t &#224; saisir son destin pour le mall&#233;er &#224; sa guise. Alors il s'assigne un statut de dealer, haut-grade dans cet &#233;cosyst&#232;me malsain. Une &lt;i&gt;trap house&lt;/i&gt; vient servir de p&#244;le central o&#249; des crackheads font des aller-retours pour y d&#233;penser leur fric contre quelques pr&#233;cieux cailloux. R&#233;guli&#232;rement, il balaye les rues en voitures, du &lt;i&gt;scavenging&lt;/i&gt; comme il le nomme, afin de d&#233;nicher des clients potentiels et ainsi ne pas attirer la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le business est fructueux mais Project Pat ne pense pas seulement &#224; accumuler des clients. Comme beaucoup, des cassettes de rap tournent dans son autoradio. &lt;strong&gt;Too Short&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;NWA&lt;/strong&gt; ou encore &lt;strong&gt;Scarface&lt;/strong&gt; font gr&#233;siller les baffles de son v&#233;hicule. Ces artistes sont ceux qu'ils l'ont pouss&#233; &#224; s'int&#233;resser au genre. Dans ce mode de vie qu'ils prennent le temps de d&#233;peindre, Pat s'identifie. Sans r&#233;el bouleversement dans sa routine, il faudra attendre que son fr&#232;re forme avec &lt;strong&gt;DJ Paul&lt;/strong&gt; la &lt;strong&gt;Three 6 Mafia&lt;/strong&gt; pour que Patrick Houston prenne conscience que ce business peut rapporter gros. Son fr&#232;re baigne dans un h&#233;donisme le plus total, entre soir&#233;es o&#249; chacun para&#238;t plus riche que son voisin et groupies qui d&#233;filent dans les loges. D&#232;s les pr&#233;mices, son regard se porte sur le b&#233;n&#233;fice et les avantages que cela peut offrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'industrie musicale commen&#231;ait &#224; &#234;tre &#224; sa port&#233;e, Pat doit payer tr&#232;s cher pour un vol dans une &#233;picerie du coin apr&#232;s avoir &#233;t&#233; rep&#233;r&#233; par un agent de police sous couverture. Au d&#233;but des ann&#233;es 90, il &#233;copera d'une sentence de quelques mois derri&#232;re les barreaux. Sans oublier que l'un de ses clients a entre temps d&#233;clench&#233; un incendie chez la bicoque de sa grand-m&#232;re, heureusement inhabit&#233;e lors de l'&#233;v&#233;nement. Alors il faut r&#233;fl&#233;chir, m&#233;diter sur la fa&#231;on d'aborder sa future vie apr&#232;s sa sortie de prison. Mais il ne faut pas se voiler la face, seul un capital important pourra lui permettre de s'&#233;chapper de ce coffrage. Dans sa globalit&#233;, le milieu du rap peut rapporter gros, Juicy J le lui rappelle tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelle vie, nouvelle maille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'au milieu des ann&#233;es 90, notre bougre empreinte le chemin de la libert&#233;, les m&#234;mes erreurs pass&#233;es ne peuvent &#234;tre reproduites. &lt;strong&gt;Outkast&lt;/strong&gt; est nomin&#233; aux Source Awards, la Three 6 vient de sortir son premier album, &lt;i&gt;Mystic Stylez&lt;/i&gt; et dans toute cette fr&#233;n&#233;sie, le South n'est plus l'enfant ill&#233;gitime du hip-hop am&#233;ricain. Affranchi de toute une vie pass&#233;e, il est temps pour Pat de b&#226;tir son empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des ann&#233;es qui suivent, &lt;i&gt;Ghetty Green&lt;/i&gt; sort en 1999 suivi du morceau iconique &#034;&lt;i&gt;Sippin' on some syrup&lt;/i&gt;&#034; regroupant la bande de joyeux lurons du &lt;i&gt;dirty south&lt;/i&gt;. &#034;&lt;i&gt;Chickenhead&lt;/i&gt;&#034; devient un hit national en 2001. Pat n'est pas pr&#234;t &#224; en d&#233;mordre, les royalties coulent &#224; flot. Tous ces artefacts qu'il a toujours convoit&#233;s, cha&#238;ne en or massif, vill&#233;giature &#224; trois &#233;tages, commencent &#224; pointer le bout de leur nez. Pourtant, en continuant &#224; s'aventurer dans les m&#233;andres de Memphis en conservant 3 Glocks &#224; l'arri&#232;re de son pick-up en cas de l&#233;gitime-d&#233;fense, il ne tarde pas &#224; se faire rattraper par la police. Cela le contraint une fois encore &#224; c&#244;toyer les murs froids et humides d'une cage pour 3 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux cultures aux antipodes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8220;I'm a numbers man&#8221; d&#233;clare Pat lors d'une interview pour Vice. Si l'histoire peu glorieuse du rappeur justifie quelque peu son attrait pour le business lucratif, nous ne pouvons n&#233;gliger le fait que que l'&lt;i&gt;American Dream&lt;/i&gt; l'a agripp&#233; &#224; la gorge comme beaucoup d'am&#233;ricains. Une doctrine de l'individualisme instaur&#233;e depuis les premi&#232;res colonies au XVIIe si&#232;cle et qui perdure &#224; ce jour. Bien s&#251;r, il serait hypocrite d'affirmer que seuls les acteurs de la sc&#232;ne dirty south partagent cette mentalit&#233;. Ceux ayant &#233;pous&#233; un style de vie h&#233;doniste sont l&#233;gion et chacun d'entre nous pourrait citer une personnalit&#233;, que nous soyons limit&#233;s &#224; la n&#233;buleuse du rap ou non. New-York ne fait pas non plus figure d'exception avec des &lt;strong&gt;Nicki Minaj&lt;/strong&gt; reli&#233;e avant tout &#224; Cash Money Records ou &lt;strong&gt;50 Cent&lt;/strong&gt; s'adonnant &#224; une vie &#233;litiste sans vergogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette relation passionnelle &#224; l'&#233;gard des grosses sommes a seulement &#233;t&#233; plus explicite d&#232;s les pr&#233;mices du rap sudiste.&lt;strong&gt; 2 Live Crew&lt;/strong&gt;, groupe form&#233; en Floride, s'&#233;carte de toute prise de conscience et n'avait d'yeux que pour la f&#234;te, leurs permettant de se d&#233;tacher de l'image rigide d'un New-York enseveli sous la neige. Ici, les grosses basses &#233;crasantes s'accordent avec des lyrics l&#233;gers : le puissant m&#233;lange de toplines percutantes sous une prosodie certaine o&#249; prime l'art du refrain entra&#238;nant. Un tout qui n'aurait pu fonctionner autrement et qui a permis &#224; la &lt;i&gt;Third Coast&lt;/i&gt; de se d&#233;marquer. Un contraste entre les deux zones se devait d'&#234;tre fait. De plus, les uniformiser &#233;tait peine perdue tellement leur culture et pass&#233; historique sont &#233;loign&#233;s. Un mode de vie plus lent, un rapport &#224; la s&#233;gr&#233;gation bien plus s&#233;v&#232;re ou m&#234;me un climat subtropical donnant envie de rester chez soi et descendre des cannettes de Bud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Project Pat, difficile de se s&#233;parer de Memphis. Hormis de s'&#234;tre &#233;vad&#233; de son quartier apr&#232;s avoir compris que cela lui apporterait plus de probl&#232;mes qu'autre chose, Pat ne peut d&#233;laisser tout un patrimoine qu'il a tant exploit&#233;. Cette mentalit&#233; du sud est greff&#233;e en lui : faire une musique qui plait avant tout &#224; l'auditeur, une musique pour faire &#8220;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kT589wpYrkA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;twerker les filles en soir&#233;e&lt;/a&gt;&#8221; comme il l'affirme. Un &#233;tat d'esprit qui le pousse &#224; s'aventurer au sein de toutes les tendances en d&#233;nichant les derniers producteurs du moment en passant par &lt;strong&gt;Drumma Boy&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Lil Awree&lt;/strong&gt;, et donc ne jamais prendre du retard comme peuvent le faire certains rappeurs new-yorkais.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8220;I was broke pocket full of lint now I'm on the bricks / Getting paid like no other dog now I'm stackin' chips&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est plus jouissif que d'attester d&#233;tenir une somme d'argent invisible. Les rappeurs l'ont bien compris, et nous pouvons nous demander quel sont ceux revendiquant un style de vie h&#233;doniste ? S&#251;rement bien trop. Lors d'une interview pour Complex, le journaliste lui demande s'il aime faire des concerts, et sa r&#233;ponse est directement port&#233;e sur l'all&#232;gre b&#233;n&#233;fice, en effectuant des calculs pour nous faire comprendre combien cela lui rapporte. &#8220;That's where most of the money is&#8221; conclut-il. Par un &#339;il de businessman averti, Project Pat cultive une vie d'&#233;picurien, une d&#233;bauche tant convoit&#233;e qu'il retranscrit dans un rap libertin. R&#234;ver de faire rentrer de la monnaie toute sa jeunesse pour finalement en vivre est un beau pied de nez qui ne peut qu'&#233;chauffer les envieux...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et pour illustrer ce parcours, voici une playlist regroupant quelques morceaux de Project pat, embl&#233;matiques de cette recherche mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;son&#034;&gt;&lt;center&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://fanlink.to/ProjectPat-PourLAmourDesBillets?embed=true&#034; allowfullscreen style=&#034;border-radius:3px&#034; frameborder=&#034;0&#034; height=&#034;850&#034; width=&#034;480&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Artwork &amp; Playlist : Axel Bodin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'histoire des grillz</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Axel Bodin</dc:creator>


		<dc:subject>Compilation</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse</dc:subject>
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		<dc:subject>grillz</dc:subject>

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&lt;p&gt;En 2005, le rappeur Nelly sortait un titre sombrement intitul&#233; &#034;Grillz&#034;. Que ce soit dans le visuel ou les lyrics, le rappeur de St Louis met en avant ces fameuses dents immacul&#233;es d'or. Avec son arriv&#233;e en num&#233;ro 1 du Billboard, une mode venait tout juste de rena&#238;tre : aborder des dents dor&#233;es sur les deux maxillaires. Un ph&#233;nom&#232;ne qui avait d&#233;j&#224; conquis les &#201;tats-Unis depuis les ann&#233;es 80 mais qui effectuera une mont&#233;e en puissance &#224; la sortie de ce morceau. Mais comme vous pouvez (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/grillz" rel="tag"&gt;grillz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH79/arton467-fe83f.jpg?1634834096' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2005, le rappeur &lt;strong&gt;Nelly&lt;/strong&gt; sortait un titre sombrement intitul&#233; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=8fijggq5R6w&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;&lt;i&gt;Grillz&lt;/i&gt;&#034;&lt;/a&gt;. Que ce soit dans le visuel ou les lyrics, le rappeur de St Louis met en avant ces fameuses dents immacul&#233;es d'or. Avec son arriv&#233;e en num&#233;ro 1 du Billboard, une mode venait tout juste de rena&#238;tre : aborder des dents dor&#233;es sur les deux maxillaires. Un ph&#233;nom&#232;ne qui avait d&#233;j&#224; conquis les &#201;tats-Unis depuis les ann&#233;es 80 mais qui effectuera une mont&#233;e en puissance &#224; la sortie de ce morceau. Mais comme vous pouvez l'imaginer, les m&#226;choires de ferraille ne sont pas n&#233;es sur le sol am&#233;ricain. Il faut donc rembobiner quelques si&#232;cles en arri&#232;re pour conna&#238;tre l'histoire de cette nouvelle fa&#231;on de porter des bijoux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1000 dents plus t&#244;t&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne des dents orn&#233;es d'or remonte &#224; un temps que l'on ne connait que tr&#232;s peu. En effet, il faut remonter jusqu'au VIIe si&#232;cle avant J.-C. o&#249; les &#201;trusques, vivant dans le centre de la p&#233;ninsule italienne, semblaient &#234;tre les premiers &#224; porter de telles parures. De nombreux papyrus viennent nous &#233;clairer sur la mani&#232;re dont cet or &#233;tait port&#233;. Loin d'&#234;tre le produit actuel qui enveloppe toute la dentition, de simples files dor&#233;es venaient se contorsionner autour des dents. Les femmes &#233;taient premi&#232;res d&#233;tentrices de ces artifices afin d'exposer leur statut social au plus grand nombre. Celles disposant de ces files disposaient d'une certaine &#233;galit&#233; face aux hommes et avaient des droits inhabituels comme l'acquisition de propri&#233;t&#233;. A c&#244;t&#233; de cela, ce d&#233;guisement avait un but purement esth&#233;tique et les m&#233;taux pouvaient d'ailleurs &#234;tre parfois peints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils n'ont pas &#233;t&#233; les seuls &#224; porter des grillz. Les Mayas, en 300 avant J.-C., r&#233;sidant en Am&#233;rique centrale &#233;taient f&#233;rus de jade, une pierre gemme &#224; la couleur verte, symbole de prosp&#233;rit&#233;. De nombreux rois et reines creusaient des trous dans leurs incisives du maxillaire sup&#233;rieur pour y incorporer les pierres. L&#224; encore, les raisons d'une telle pratique &#233;taient semblables aux &#201;trusques : montrer son statut social et le sublime.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1784 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L382xH561/02-96b2e.png?1586789585' width='382' height='561' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On pourrait &#233;galement citer les Vikings qui coloraient leurs incisives avec des rainures dor&#233;es. On compte aussi des dentistes comme Giovanni d'Arcoli qui, en 1848, fut le premier &#224; utiliser de l'or pour remplacer les dents pourries. Mais en dehors de toutes ces histoires, il va falloir essayer de comprendre comment cette tradition s'est perp&#233;tu&#233;e au Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;American gold&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Finalement, toute cette mode d&#233;rive du sud de l'Am&#233;rique. Dans un premier temps, les Mayas font &#233;videmment partie de l'&#233;quation, mais &#233;galement le Guatemala. Le docteur &lt;strong&gt;E. J. Neiburger&lt;/strong&gt; aurait ainsi d&#233;clar&#233; dans son &#339;uvre &lt;i&gt;Journal of the Massachusetts Dental Society&lt;/i&gt; que 65% de la population arborait des habits dor&#233;s. Toutes ces personnes sont principalement des descendants des Mayas et ne vivent pas seulement au Guatemala mais &#233;galement au Mexique ou &#224; Belize. Du fait d'une immigration en hausse &#224; partir des ann&#233;es 50 vers le Nord, beaucoup d'entre eux garderont cet attrait pour la customisation des dents. S'ajoutent &#224; cela les Jama&#239;cains aussi tr&#232;s friands de cet artefact, signe de bonne sant&#233; et de richesse. Alors, dans les ann&#233;es 70, le grillz comme on le conna&#238;t aujourd'hui se popularise dans New-York. Petit &#224; petit, les jeunes s'emparent de cette tendance. Que ce soit les adolescents, les filles ou les dealers, chacun &#233;tait v&#234;tu du fameux dentier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1785 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L485xH538/03-839a6.png?1586789585' width='485' height='538' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 80, un homme r&#233;pondant au nom d'&lt;strong&gt;Eddie Plein&lt;/strong&gt; viendra r&#233;volutionner l'industrie du grillz. Alors que seuls les dentistes &#233;taient en capacit&#233;s de poser ces joyaux, lui d&#233;cidera d'apprendre le m&#233;tier par lui-m&#234;me. N&#233; au Surinam, il faut dire que sa famille &#233;tait d&#233;j&#224; familiaris&#233;e avec la pratique. Il ouvrira sa boutique Eddie's Gold Teeth dans le Queens apr&#232;s avoir mis au point les grillz amovibles. Gr&#226;ce &#224; son concept, il accueillera de grands artistes comme &lt;strong&gt;Big Daddy Kane&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Flavor Flav&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Public Enemy&lt;/strong&gt; ainsi que de nombreux &lt;i&gt;hustlers&lt;/i&gt; du Queens. Par la suite, les rappeurs n'h&#233;sitent pas &#224; exposer leurs nouveaux joujoux au monde entier gr&#226;ce aux visuels musicaux qui se d&#233;mocratisent dans les ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les sudistes cybern&#233;tiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;, il semble que les grillz soient d&#233;sormais plus r&#233;pandus au Sud des USA plut&#244;t que dans la ville &#224; la grosse pomme. L'explication est plut&#244;t simple m&#234;me cela reste un param&#232;tre parmi tant d'autres : Eddie Plein s'installe &#224; Atlanta. L&#224;-bas, &lt;strong&gt;Outkast&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Ludacris&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Lil John&lt;/strong&gt; se rendront tous chez lui. Toujours plus exp&#233;rimentaux, les grillz n'auront plus grand-chose &#224; voir avec la simple monture en or. Des diamants multicolores, de l'argent, des motifs insolites&#8230; le grillz se m&#233;tamorphose en ce que l'on conna&#238;t aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1786 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH508/04-f81cc.png?1634912316' width='500' height='508' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;e apr&#232;s, un concurrent de taille viendra d&#233;tr&#244;ner notre cher Plein. Son nom ? &lt;strong&gt;Johnny Dang&lt;/strong&gt;. S'implantant &#224; Houston en 1996, il est devenu une ic&#244;ne dans le hip-hop et les &lt;strong&gt;Migos&lt;/strong&gt;, Nelly ou &lt;strong&gt;Chief Keef&lt;/strong&gt; n'h&#233;sitent pas &#224; le citer dans leurs morceaux en guise de remerciement. Si sa famille &#233;tait d&#233;j&#224; dans l'industrie des bijoux et que lui-m&#234;me en avait fait son m&#233;tier, c'est en rencontrant un certain &lt;strong&gt;Paul Wall&lt;/strong&gt; que tout basculera. Ce dernier &#233;tait enthousiaste face &#224; son habilit&#233; dans le maniement de cet art, proposant des grillz uniques et sur-mesure pour chaque client. Ce partenariat permettra &#224; Dang de pouvoir cr&#233;er des connexions avec les rappeurs les plus en vogue. Sous la banni&#232;re de Johnny Dang &amp; Co, l'artisan est maintenant la r&#233;f&#233;rence du grillz aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1787 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH622/05-bd6b0.png?1634912316' width='500' height='622' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Durant la d&#233;cennie 2010, personne n'a pu passer &#224; c&#244;t&#233; de ce ph&#233;nom&#232;ne. Autant pr&#233;sent dans le hip-hop que dans la mode, la couronne d'or s'est r&#233;pandue dans le monde. Certains comme &lt;strong&gt;Kodak Back&lt;/strong&gt; sont m&#234;me pr&#234;ts &#224; se faire casser les dents pour rev&#234;tir une dentition &#233;ternellement blonde, une belle tradition made in Floride pour graver le grillz dans les m&#233;moires collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne croyez pas que nous allons nous quitter tout de suite. Car une playlist r&#233;unissant les meilleurs morceaux &#224; propos des &lt;i&gt;gold teeth&lt;/i&gt; vous est propos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Playlist :&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;&lt;a href=&#034;https://play.soundsgood.co/playlist/smartlink/lhistoire-des-grillz&#034; class=&#034;btn btn-swamp btn-lg&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Ecouter la playlist&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class = &#034;son&#034;&gt;
&lt;iframe height=&#034;315&#034; width=&#034;100%&#034; src=&#034;https://play.soundsgood.co/embed/5e947ac622134368dad7c995?color=1ecbca&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen allow=&#034;autoplay; encrypted-media&#034; allowtransparency=&#034;true&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 8Ball &amp; MJG - Look at the grillz&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jay Rock - Grillz feat. Bash, Lea, Punch &amp; Kendrick Lamar&lt;/li&gt;&lt;li&gt; UGK - Gold grill feat. 8Ball &amp; MJG&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A$ap Rocky - Goldie&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Gucci Mane - Mouth full of golds feat. Birdman&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Paul Wall, Lil Keke &amp; Z-Ro - World series grillz&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mort d'un mouvement ?</title>
		<link>https://www.swampdiggers.com/Ratking-Wiki-La-mort-d-un-mouvement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.swampdiggers.com/Ratking-Wiki-La-mort-d-un-mouvement</guid>
		<dc:date>2019-06-17T08:37:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Axel Bodin</dc:creator>


		<dc:subject>ratking</dc:subject>
		<dc:subject>wiki</dc:subject>
		<dc:subject>new-york</dc:subject>
		<dc:subject>hak</dc:subject>
		<dc:subject>sporting life</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Retour sur le groupe de Wiki, Hak et Sporting Life qui aurait pu changer New York. &lt;br class='autobr' /&gt; Si le r&#233;alisateur Larry Clark a toujours sembl&#233; avoir des penchants douteux tourn&#233;s vers la p&#233;dophilie, personne ne lui retirera son habilit&#233; &#224; retranscrire l'ambiance malsaine et touchante des jeunes perdus dans un flot de possibilit&#233;s h&#233;donistes, entre les canettes de bi&#232;res qui se descendent &#224; toute heure de la journ&#233;e, les c&#244;nes de weed all&#232;grement remplis ou les os bris&#233;s contre l'asphalte apr&#232;s un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/Focus-3" rel="directory"&gt;Focus&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/ratking" rel="tag"&gt;ratking&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/wiki" rel="tag"&gt;wiki&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/new-york-925" rel="tag"&gt;new-york&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/hak" rel="tag"&gt;hak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/sporting-life" rel="tag"&gt;sporting life&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton415-ba041.jpg?1634939587' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Retour sur le groupe de Wiki, Hak et Sporting Life qui aurait pu changer New York.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le r&#233;alisateur &lt;strong&gt;Larry Clark&lt;/strong&gt; a toujours sembl&#233; avoir des penchants douteux tourn&#233;s vers la p&#233;dophilie, personne ne lui retirera son habilit&#233; &#224; retranscrire l'ambiance malsaine et touchante des jeunes perdus dans un flot de possibilit&#233;s h&#233;donistes, entre les canettes de bi&#232;res qui se descendent &#224; toute heure de la journ&#233;e, les c&#244;nes de weed all&#232;grement remplis ou les os bris&#233;s contre l'asphalte apr&#232;s un 360&#176; rat&#233; sur une planche d&#233;fonc&#233;e. &lt;i&gt;Kids&lt;/i&gt; dressait un d&#233;cor de New York aux rues parsem&#233;es de d&#233;tritus et aux appartements trop petits pour des soir&#233;es chaotiques de &lt;i&gt;teenagers&lt;/i&gt; sans rep&#232;re. Le r&#233;alisateur retranscrit une r&#233;alit&#233; pure, v&#233;cue par des milliers de personne. Et certains d'entre eux vont vouloir faire partie du paysage musical en racontant leur mode de vie sur des faces B. Les apr&#232;s-midis &#224; &#233;couter du &lt;strong&gt;Wu-Tang Clan&lt;/strong&gt; et du &lt;strong&gt;Public Enemy&lt;/strong&gt; les m&#232;neront &#224; composer de v&#233;ritables albums. Mais qui sont-ils et comment ont-ils contribu&#233; &#224; faire &#233;voluer le rap au d&#233;but des ann&#233;es 2010 ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3943581-05988.jpg?1635040853' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les premi&#232;res ondes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est par un parcours somme toute banal que des gamins vont r&#233;ussir &#224; constituer une sc&#232;ne underground &#224; part enti&#232;re, devenant l'antith&#232;se des rookies comme &lt;strong&gt;Pro Era&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Flatbush Zombies&lt;/strong&gt;, et &#233;pousant une forme bien moins lisse, remplie de ratures et de bruitages sonores comparables &#224; une foule venue militer &#224; Times Square. Et parmi tous les groupes de mol&#233;cules d'adolescents qui se sont form&#233;s, un crew d'Harlem r&#233;ussira &#224; faire parler de lui en dispersant aux 4 coins du pays leur id&#233;ologie. Leur nom ? &lt;strong&gt;RatKing&lt;/strong&gt;. Les rois des rats. L'envie de rester sous une plaque d'&#233;gout s'illustre alors jusqu'&#224; leur pseudonyme. Et pour donner cette forme triangulaire, 3 membres cohabitent ensemble. &lt;strong&gt;Wiki&lt;/strong&gt; le white trash &#224; la dent en moins, &lt;strong&gt;Hak&lt;/strong&gt; l'esprit repos&#233; et &lt;strong&gt;Sporting Life&lt;/strong&gt;, le producteur au talent fou qui d&#233;finira leur identit&#233;. Tr&#232;s vite, en 2012, ils seront reconnus par un large public avec leur mixtape &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.datpiff.com/RATKING-Wiki93-original-Version-mixtape.568375.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wiki93&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, empreinte de ce boom-bap d&#233;j&#224; recouvert d'une crasse d'&#233;l&#233;ments inaudibles encore trop peu maitris&#233;s. S'ensuivra d'une signature avec le label Anglais &lt;strong&gt;XL Recordings&lt;/strong&gt; qui leur permettra d'&#233;toffer leur style. Il parait d'ailleurs contradictoire d'effectuer une telle d&#233;marche, eux qui revendiquent une vie sans cadre. Mais il faut comprendre que le label a toujours donn&#233; une libert&#233; cons&#233;quente aux artistes, leur laissant du temps pour d&#233;velopper la musique qu'ils veulent proposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'ensemble du projet &#233;tait fouillis et s&#251;rement enregistr&#233; dans une chambre de 15m&#178;, il est facile d'y d&#233;celer un certain talent pr&#233;coce. Et rapidement, un mouvement vaste se cr&#233;e gr&#226;ce aux connexions inattendues notamment entre &lt;strong&gt;Boiler Room&lt;/strong&gt; et le groupe. Car si la soci&#233;t&#233; proposait des shows centr&#233;s sur les DJ's, ils souhaiteront se diriger vers des lives d'artistes hip-hop tout en amenant une proximit&#233; entre le public et les rappeurs. Sans sc&#232;ne sur&#233;lev&#233;e. Les mecs kickent au milieu de la foule, laissant les gouttes de sueur se r&#233;pandre, les voix r&#233;sonnant au plus pr&#232;s des tympans. RatKing fera partie des premiers &#224; s'ins&#233;rer dedans. Finalement, on retrouve l'ambiance de &lt;i&gt;block parties &lt;/i&gt; des ann&#233;es 70 dans les ghettos du Bronx o&#249; se r&#233;unissait le voisinage pour danser dans une organisation &#233;caill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1498 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/r1-05938-0019.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH338/r1-05938-0019-d22d8.jpg?1560770100' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et l'&#233;mergence du ph&#233;nom&#232;ne dans le pays et &#224; l'&#233;tranger se fera par le biais de leur premier album &lt;i&gt;So it Goes&lt;/i&gt;. Une pi&#232;ce ma&#238;tresse qui d&#233;finira une vague de rappeurs new-yorkais voulant sortir de l'ombre des hauts b&#226;timents. Il suffit de voir l'affiliation du groupe avec le chanteur &lt;strong&gt;King Krule&lt;/strong&gt; sur le single &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=SpBCXWKx4Tg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;So Sick Stories&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; o&#249; leurs voix difformes s'entrem&#234;lent pour raconter les histoires crapuleuses dans le quartier d'Harlem. Cette th&#233;matique est forte dans leurs textes et c'est tout l'enjeu de ce disque. C'est-&#224;-dire rendre hommage &#224; leur quartier, pour le meilleur et pour le pire. Chaque recoin de la ville peut &#234;tre d&#233;crit sous la forme de quelques phrases, quelques images. Ils se positionnent comme des conteurs ayant observ&#233; les actes des autres et les cons&#233;quences que cela entra&#238;ne. La couverture est d'ailleurs illustr&#233;e par une carte de Manhattan, recouverte d'un filtre poussi&#233;reux retranscrivant la moisissure invisible qui se r&#233;pand chaque jour dans l'air. On le remarque aussi par les visuels scotchant, parfois sous forme de documentaires, comme dans &lt;i&gt;Canal&lt;/i&gt;, o&#249; d&#233;ambulent des habitants dans des d&#233;cors familiers. &lt;i&gt;Snow Beach&lt;/i&gt; se tournera, lui, vers cette plage de neige qui embellit New York durant la saison hivernale. Ratking peut se targuer d'avoir appos&#233; une image coh&#233;rente &#224; leur musique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les racines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Impossible de parler du groupe sans &#233;voquer leur impact sur le Royaume-Uni. Il suffit de s'attarder sur le travail de l'Irlandais &lt;strong&gt;Rejjie Snow&lt;/strong&gt;, au timbre de voix grave, ou encore &lt;strong&gt;Loyle Carner&lt;/strong&gt; racontant les d&#233;boires de la classe ouvri&#232;re. Leurs nombreux voyages dans les &#238;les r&#233;sulteront &#224; des collaborations, que ce soit en studio ou lors de freestyles. Mais ils s'inspireront aussi de la brutalit&#233; que l'on peut retrouver dans le grime, notamment au niveau du flow, gr&#226;ce &#224; des rimeurs comme &lt;strong&gt;Dizzee Rascal&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Wiley&lt;/strong&gt; pour ne citer qu'eux. Tout particuli&#232;rement avec &lt;strong&gt;Wiki &lt;/strong&gt; qui arrive sur les productions comme une sulfateuse pour cracher ses derni&#232;res notes &#233;crites sur papier. D'ailleurs, il aura la possibilit&#233; de rivaliser avec un certain &lt;strong&gt;Skepta&lt;/strong&gt;, figure de proue du rap Londonien, sur le remix du titre &lt;i&gt;Shutdown&lt;/i&gt;. On se rend alors compte que l'atmosph&#232;re des deux villes est plus align&#233;e que ce que l'on aurait pu penser. Car malgr&#233; un manque de proximit&#233; sur le plan g&#233;ographique, nous sommes face &#224; une architecture et un style de vie fortement identique. Que ce soit les briques rouges qui &#233;l&#232;vent les tours dans le ciel ou le mode de vie punk dict&#233; par les m&#234;mes lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=eIp3UTf-5wE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=eIp3UTf-5wE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la recette fonctionne, ils auront, certes, bouff&#233; des heures de Wu-Tang mais aussi de &lt;strong&gt;Suicide&lt;/strong&gt;, un duo de rockeurs des ann&#233;es 70 ajoutant des &#233;l&#233;ments &#233;lectroniques &#224; leurs accords pour donner un son fluide et satur&#233; &#224; la fois. Toutes ces bizarreries prendront part aux travaux de RatKing. Il suffit d'&#233;couter &lt;i&gt;Puerto Rican Judo&lt;/i&gt; o&#249; Sporting Life incorpore un beat house aux vocaux ang&#233;liques. M&#234;me l'un des couplets de &lt;i&gt;Protein&lt;/i&gt; semble sortir de nulle part, lorsque Hak arrive avec une voix limpide sur des batteries venues rebondir avec fr&#233;n&#233;sie entre quatre murs. Le sel de l'album r&#233;side dans cette impr&#233;visibilit&#233; nous prenant &#224; contre-pied sur chaque morceau o&#249; des instruments d&#233;barquent sans crier garde. Un parall&#232;le peut se faire avec un mouvement &#233;mergeant au d&#233;but des ann&#233;es 2000 avec des artistes comme &lt;strong&gt;El-P&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Aesop Rock&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Cage&lt;/strong&gt;, chamboul&#233;s apr&#232;s les attentats du 11 septembre qui auront cette mentalit&#233; pessimiste d'une ville d&#233;prav&#233;e, remplie de crasse, de meurtres sanglants et de complots entre politiciens peu scrupuleux. Avec une musique sophistiqu&#233;e, filtr&#233;e par des bruits improbables tout droit sortis d'une autre galaxie, rien ne nous dit que Sporting Life n'aurait pas pioch&#233; quelques id&#233;es dans leurs albums.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et maintenant ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; rendus en 2015 et tout un entourage s'imbrique dans cette br&#232;che. Partag&#233;s entre New-York et Londres, des noms comme &lt;strong&gt;Slicky Boy &lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Jesse James Solomon&lt;/strong&gt; apparaissent. &#201;galement, une sc&#232;ne plus soul s'implante avec les m&#234;mes racines musicales, les plus notables &#233;tant &lt;strong&gt;Jamie Issac&lt;/strong&gt; ou King Krule encore tr&#232;s actif &#224; ce jour. L'ancienne petite amie de Wiki, &lt;strong&gt;Princess Nokia&lt;/strong&gt;, fera aussi son bout de chemin pour exploser avec son projet &lt;i&gt;1992&lt;/i&gt;, remplit de d&#233;sinvolture. Cette ann&#233;e sort aussi la mixtape &lt;i&gt;700 Fill&lt;/i&gt;, derni&#232;re livraison des gamins qui n'aura qu'un accueil mod&#233;r&#233;. C'est peut &#234;tre l'une des raisons qui causera leur division pour continuer leur carri&#232;re en solo. Si Sporting Life se contente de petits EPs exp&#233;rimentaux et Hak d'un album, &lt;i&gt;June&lt;/i&gt;, plus R&amp;B, &#233;lectronique et l&#233;ger, Wiki gardera une direction artistique qui a fait l'empreinte du trio. Ma&#238;trisant l'art du storytelling, il continuera &#224; d&#233;tailler son environnement d&#233;labr&#233; en y infusant une dose de plaisir h&#233;doniste sous le soleil de la c&#244;te Est. Il ne ch&#244;mera pas en d&#233;voilant la mixtape &lt;i&gt;Lil Me&lt;/i&gt; &#224; la fin de l'ann&#233;e et l'album &lt;i&gt;No Mountains in Manhattan&lt;/i&gt; deux ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/png/capture_d_e_cran_2019-05-31_a_14.32.15.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH283/capture_d_e_cran_2019-05-31_a_14.32.15-84f2d.png?1560770100' width='500' height='283' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais le rappeur aura beau se d&#233;chirer la trach&#233;e pour nous pr&#233;venir que son crew va d&#233;barquer, force est de constater que la sc&#232;ne s'essouffle et qu'ils ne sont plus les weirdos qui dominaient le terrain. Le temps o&#249; RatKing faisait la couverture de The Fader est r&#233;volu. L'esprit outsider perdure seulement avec des projets undergrounds comme ceux de &lt;strong&gt;Your Old Droog&lt;/strong&gt; ou le fabuleux dernier album de King Krule. Mais qu'importe pour eux, ils n'ont jamais r&#233;clam&#233; de Grammy ou de se battre sur les plateformes de streaming. Seul un amour infini pour cette routine leur convient. Et passer &#224; c&#244;t&#233; de tous les rats pataugeant dans les &#233;gouts pour d&#233;goter le meilleur et le pire de ce que la ville a &#224; leur offrir serait une grave erreur au vu de la qualit&#233; sonore propos&#233;e. Car les graffitis qui recouvrent la pierre ne s'effaceront pas, se confondant dans le d&#233;cor, lui donnant ce relief si particulier. Les &#339;uvres qui en d&#233;coulent retranscrivent l'essence de ces fresques, prennent part au fondement de la m&#233;galopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=29f1FTjTcZs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=29f1FTjTcZs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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