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	<title>SwampDiggers</title>
	<link>https://www.swampdiggers.com/</link>
	<description>Rap, trap, trill, phonk, emo, cloud, soul, funk, footwork, juke, grime, rythm &amp; blues.</description>
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		<title>SwampDiggers</title>
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		<title>souvenirs de shootings (de Snoop, mais pas que)</title>
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		<dc:date>2025-09-26T14:15:37Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mo&#239;se the Dude</dc:creator>


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&lt;p&gt;Lors d'un &#233;change (&#224; retrouver ici) avec Monsieur Sa&#239; autour de l'album &#8220;No Limit Top Dogg&#8221; de Snoop, j'&#233;voquais un shooting photo r&#233;alis&#233; pour la couverture et l'interview du num&#233;ro de Juillet/Ao&#251;t 1999 du magazine RER, pour la promotion dudit album. Amoureux depuis toujours de ces quelques clich&#233;s, j'ai voulu rencontrer leur auteur, Patrick Canigher. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est un apr&#232;s-midi de d&#233;cembre 2024, &#224; R&#233;publique, que je retrouve celui qui a shoot&#233; de nombreux portraits de musiciens (Marilyn (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/Photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH53/couv_rer_mag-2894c.jpg?1758262331' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='53' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors d'un &#233;change (&lt;a href='https://www.swampdiggers.com/Souvenirs-d-auditeurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#224; retrouver ici&lt;/a&gt;) avec Monsieur Sa&#239; autour de l'album &#8220;No Limit Top Dogg&#8221; de Snoop, j'&#233;voquais un shooting photo r&#233;alis&#233; pour la couverture et l'interview du num&#233;ro de Juillet/Ao&#251;t 1999 du magazine RER, pour la promotion dudit album. Amoureux depuis toujours de ces quelques clich&#233;s, j'ai voulu rencontrer leur auteur, Patrick Canigher.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un apr&#232;s-midi de d&#233;cembre 2024, &#224; R&#233;publique, que je retrouve celui qui a shoot&#233; de nombreux portraits de musiciens (Marilyn Manson, Sting, Nas, Pink, James Blunt, etc...) pour la presse, pour des affiches de concerts ou encore des pochettes de disques, et qui a fait &#233;galement de la photo publicitaire pour de grandes marques ainsi que des clips et des courts m&#233;trages. Nous n'aurons pas le temps d'&#233;voquer son parcours en d&#233;tail mais il a volontiers ouvert la bo&#238;te &#224; souvenirs, concernant entre autres deux s&#233;ances avec Snoop, livrant ses secrets de fabrication et racontant en creux une &#233;poque o&#249; l'industrie musicale et son &#233;cosyst&#232;me &#233;taient bien diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/cre_dit_photos_rer_canigher-r90.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH375/cre_dit_photos_rer_canigher-r90-b4b21.jpg?1758897484' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Patrick, j'ai voulu vous rencontrer pour &#233;voquer des clich&#233;s de Snoop Dogg, dont vous &#234;tes l'auteur, r&#233;alis&#233;s lors d'un shooting &#224; Los Angeles, pour RER magazine, &#224; l'occasion de la sortie de son album &#8220;Top Dogg&#8221;. Quels souvenirs avez-vous de ce shooting ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/couv_rer_mag.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH596/couv_rer_mag-2dba5.jpg?1758897484' width='500' height='596' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : D&#233;j&#224; pour remettre les choses dans leur contexte, &#224; l'&#233;poque, nous, avant RER - qui veut dire rap et ragga, m&#234;me si on n'a pas fait beaucoup de reggae mais on voulait donner une consonance urbaine au magazine, et &#231;a faisait RER, comme le RER... - Avant &#231;a, on avait cr&#233;&#233; un magazine de rock qui s'appelait RAGE, on parlait de Marilyn Manson, on parlait de branding, de tatouage et de cultures urbaines etc. On &#233;tait trois potes, on a mont&#233; un petit groupe de presse. &#201;videmment, on voulait que &#231;a marche et RAGE marchait super bien parce que c'&#233;tait tout neuf dans le milieu de la presse musicale &#224; l'&#233;poque. Les annonceurs captifs, donc les maisons de disques, nous suivaient &#224; 100% et les annonceurs hors captif, nous achetaient des pages de temps en temps donc c'est un mag qui fonctionnait bien. Dans la foul&#233;e, on s'est dit que le rap c'est quelque chose qui commen&#231;ait &#224; arriver en France et on s'est dit pourquoi pas faire un mag sur le rap, avec bien-s&#251;r une logique &#233;conomique car m&#234;me s'il y a le plaisir, il y a aussi l'&#233;conomie. A l'&#233;poque, en presse musicale, souvent les photos c'&#233;tait des photos d'agences. Nous ce qu'on a mis en place - c'&#233;tait audacieux parce qu'on n'&#233;tait rien, en face y avait Capitol, Universal Music, Warner, etc - mais on disait, nous on va faire une interview, par exemple de Snoop, &#224; une condition : vous nous achetez le billet aller/retour &#224; L.A., et on part &#224; deux. Photos et interview en direct. On a fait &#231;a pour RAGE et on l'a appliqu&#233; &#224; RER. A part pour des news ou des live pour lesquels on prenait des photos d'agences, mais sinon toutes les interviews quasiment, c'&#233;tait du direct live. Soit les mecs &#233;taient en France, soit on allait sur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc pour Snoop c'est ce qui s'est pass&#233;. Ce n'est pas moi qui organisais les voyages et les interviews, mais je savais qui le faisait, et on y allait au culot, on partait. Et quand on allait l&#224;-bas on mettait &#224; profit notre s&#233;jour car on restait au moins deux jours sur place, mais un shooting comme &#231;a c'est un quart d'heure, l'interview c'est une demie-heure, donc le reste du temps on en profitait, parfois via l'artiste, pour rencontrer d'autres gens et on ramenait des papiers qui n'&#233;taient pas pr&#233;vus par la maison de disque, c'&#233;tait l'avantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Snoop je l'ai fait deux fois &#224; L.A.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les artistes am&#233;ricains n'avaient pas l'habitude que les mecs d'Europe viennent les interviewer. D'habitude c'&#233;tait par t&#233;l&#233;phone. Mais l&#224; on venait avec s&#233;ance photo obligatoire. S'il n'y avait pas de s&#233;ance photo, il n'y aurait pas d'interview. C'&#233;tait audacieux, mais &#224; l'&#233;poque &#231;a marchait bien, les maisons de disques avaient de l'argent, elles voulaient &#234;tre novatrices dans leur fa&#231;on de communiquer donc elles disaient oui quasiment tout le temps. A cette &#233;poque l&#224;, j'&#233;tais plus souvent aux USA qu'en France. &#199;a a dur&#233; entre six et sept ans. Et L.A., par exemple, c'est une grande ville sans transports en commun. On louait une voiture, on partait de l'h&#244;tel, on avait une adresse, on tournait dans le quartier, pour rep&#233;rer des ext&#233;rieurs pour shooter l'artiste, s'il le veut bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la s&#233;ance avec Snoop l&#224;, je me souviens tr&#232;s bien, il nous a accueilli avec un blunt, affal&#233; sur un canap&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Vous &#234;tes s&#251;rs l&#224;... une s&#233;ance photo maintenant...&#8221; (il mime le rappeur fumant son blunt avec un air blas&#233;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a fait son petit cin&#233;ma pendant 10 minutes et puis apr&#232;s, super pro. Il s'est pli&#233; &#224; tout ce qu'on lui a demand&#233;. Il a fait son truc, il n'y avait pas de direction d'acteur, il &#233;tait Snoop. Donc on shoote pr&#232;s du billard, apr&#232;s dans un coin de rue, apr&#232;s pr&#232;s du panier de basket etc. J'ai trouv&#233; un mec qui malgr&#233; son image de gangsta rappeur... DJ Muggs par exemple de Cypress, on a toujours l'impression qu'il va nous arracher la t&#234;te si on lui demande de lever un bras. Mais l&#224; j'ai d&#233;couvert un mec super gentil. Avec le respect du travail des autres, qui prend le temps pour les photos, m&#234;me si &#231;a prenait plus de 10 minutes. Parce qu'aux maisons de disques on leur disait pas plus de 10 minutes pour ne pas qu'ils pensent qu'on va leur prendre une demie journ&#233;e. Mais parfois &#231;a d&#233;passait, parce que parfois c'est l'artiste qui d&#233;cide. Donc l&#224; il s'est pr&#234;t&#233; au jeu, il s'est d&#233;plac&#233;, il a fait son petit show, c'&#233;tait super plaisant. Un mec vraiment super gentil, ouvert aux choses, aux gens. L'interview par contre, je n'ai pas souvenir d'y avoir assist&#233;, faudrait voir avec Jean-Eric Perrin, s'il a des souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2985 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/photo_snoop_itw_rer_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH438/photo_snoop_itw_rer_1-37c38.jpg?1758897484' width='500' height='438' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la seconde s&#233;ance photo que j'ai faite de Snoop &#233;tait plus formelle, car il y avait une &#233;quipe d'attach&#233;s de presse, c'&#233;tait plus cadr&#233;. Je suis arriv&#233; en premier, on avait install&#233; le mat&#233;riel de prise de vue. Snoop est venu, il a vu qu'il y avait du bleu (une piscine, ndlr), il est parti se changer, mettre un jersey bleu pour aller avec le d&#233;cor. Faut savoir qu'&#224; l'&#233;poque on shoote sur argentique, pas en num&#233;rique. J'ai shoot&#233; avec du moyen format. Il y a 10 vues par film. Apr&#232;s faut changer le film donc &#231;a casse un peu le rythme, donc il fallait faire des choses int&#233;ressantes sur les 10 premiers d&#233;clenchements. C'est pas je d&#233;clenche et apr&#232;s je regarde ce que j'ai fait. Quand je d&#233;clenche, il faut qu'il y ait quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L450xH450/snoop-dogg_devant_piscine_par_p_canigher-0cb04.jpg?1758221857' width='450' height='450' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Faut &#234;tre bon tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Exactement. Et j'avais - j'ai toujours, je pense - ce &#8220;talent&#8221;, pour emmener les gens dans une esp&#232;ce de bulle comme &#231;a, m&#234;me si &#231;a dure 30 sec, et j'arrive &#224; les amener dans quelque chose qui peut-&#234;tre int&#233;ressant, par rapport &#224; ce qu'on me demande de faire, pour un magazine, de la pub, etc. Et quand les gens sont demandeurs ou &#8220;ob&#233;issants&#8221;, comme l'&#233;tait Snoop, et bien &#231;a donne ce r&#233;sultat l&#224;. Cette photo, avec les mains, les bagues, le regard entre les doigts, c'est pas un truc que je lui ai demand&#233;. Moi je jouais sur la perspective avec la piscine et lui avec la focale. Je lui ai expliqu&#233; que la focale &#233;tait courte, que quand on faisait &#231;a, &#231;a fait une grosse t&#234;te et quand on faisait &#231;a, une petite t&#234;te, donc sachant &#231;a il a jou&#233; avec les mains, les bagues etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pour revenir &#224; la photo, en argentique, moyen format, 10 vues sur un rouleau. Pas trop le temps de mettre un deuxi&#232;me rouleau, c'est-&#224;-dire qu'avant, je faisais un polaro&#239;d. On d&#233;veloppait le polaro&#239;d. Pendant que &#231;a d&#233;veloppe, j'installais le reste du mat&#233;riel et une fois que le pola &#233;tait d&#233;velopp&#233;, je leur montrais. Donc Snoop, il a vu ce que &#231;a allait donner, il a vu l'ambiance, il a vu le cadrage donc &#231;a l'aidait aussi, il voyait la perspective avec la piscine etc. Donc les mecs &#233;taient super contents de voir ce que &#231;a donnerait &#224; l'avance. Derri&#232;re ils &#233;taient en confiance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/polaroi_d_snoop_par_p_canigher.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH368/polaroi_d_snoop_par_p_canigher-54206.jpg?1758897485' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est astucieux cette histoire de pola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Ouais, mais, comme je le disais au d&#233;but, le principe c'est qu'il y ait un &#233;change. Si le mec en face ne veut rien faire, apr&#232;s mes photos sont pourries. Pareil, dans le rock, avec Lou Reed par exemple, une s&#233;ance tr&#232;s courte, mais le fait de faire tout &#231;a, il &#233;tait en confiance. M&#234;me si je n'ai pu d&#233;clencher que trois fois parce qu'apr&#232;s il &#233;tait saoul&#233; mais au moins, il savait plus ou moins ce que &#231;a allait donner. C'&#233;tait un super avantage parce que le mec se laissait aller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant la s&#233;ance de Snoop pour RER, je lui avais expliqu&#233; ce que je faisais comme cadrage, la lumi&#232;re qu'il y aurait, les traitements. Parce que la deuxi&#232;me s&#233;ance (celle de la piscine ndlr), c'&#233;tait un traitement normal, en termes de chimie, de d&#233;veloppement d'image. Mais la premi&#232;re, &#224; l'&#233;poque c'&#233;tait un peu &#224; la mode de faire ce qu'on appelle du &#8220;cross process&#8221;, c'est &#224; dire de shooter sur du format diapos, donc transparent, mais de d&#233;velopper en n&#233;gatif. Ce qui donnait des choses incertaines. On savait que &#231;a allait donner un contraste un peu plus fort, mais en termes de couleurs on ne savait pas trop, si ce n'est que les couleurs allaient &#234;tre satur&#233;es, &#231;a on le savait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : On le voit un peu sur les photos.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/photo_snoop_itw_rer_2-2-r180.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH667/photo_snoop_itw_rer_2-2-r180-85be5.jpg?1758897485' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Ouais, les photos n'ont pas &#233;t&#233; bricol&#233;es derri&#232;re. A la maquette, le mec scannait, maquettait, imprimait comme &#231;a. L&#224; aussi c'est hasardeux. L'argentique c'est hasardeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc tout &#231;a en fait c'&#233;tait un processus de travail &#224; deux (avec l'artiste, ndlr), sur 10 minutes. Moi je faisais attention &#224; ce qu'il voulait faire, comment il voulait faire, la contre plong&#233;e, attention, pareil, petite t&#234;te, grosses jambes etc. Je lui expliquais, lui pareil il disait, oui, non, &#231;a pas trop etc. Bon, je ne me souviens pas de tout car &#231;a remonte un peu et je pensais pas qu'un jour &#231;a ferait l'objet d'interview, donc je n'ai rien not&#233; (rires). Evidemment, c'est un travail d'&#233;quipe. Le but c'est que lui soit mis en valeur, que les gens soient contents de mes images, que je rebosse derri&#232;re, tout &#231;a c'est aussi mercantile. Il faut que je gagne ma vie avec mes images et lui avec sa musique et la promo qui est faite autour de son personnage. Donc il jouait avec cette esp&#232;ce de nonchalance, un peu moins maintenant, mais &#224; l'&#233;poque c'&#233;tait &#8220;ouais... (il mime encore Snoop entrain de fumer)... ouais, je m'en fous un peu...&#8221; alors qu'en fait, d&#232;s qu'il fallait y aller, il y allait. J'ai des bons souvenirs franchement, pas qu'avec lui. Marilyn Manson par exemple, un mec super gentil. Il arrive, il est comme vous. Il a 20 min de transformation, les yeux, les lentilles et tout. Il arrive, il fait tout tout seul, ou presque. Il g&#232;re la mise en sc&#232;ne, les pauses etc, il n'y a plus qu'&#224; shooter. Un mec super gentil. J'ai d&#233;couvert plein de gens adorables, vraiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais m&#234;me Cypress, m&#234;me DJ Muggs, qui faisait un peu le gangster comme &#231;a mais quand fallait y aller, il y allait. Il la joue un peu &#8220;tu vas pas nous faire chier avec tes photos de merde, j'ai autre chose &#224; foutre que tes conneries&#8221;, mais en m&#234;me temps quand j'enlevais le capuchon de l'objectif, l&#224; c'&#233;tait plus pareil. Le mec faisait vraiment les choses. Parce qu'il savait que derri&#232;re c'&#233;tait regard&#233;. Et puis fallait faire gaffe un peu &#224; l'attitude qu'ils avaient, par rapport &#224; leur promo, par rapport &#224; leur cr&#233;dibilit&#233;, &#224; leurs maisons de disques aussi. Parce que les mecs qui sont sign&#233;s... ils sont pas sign&#233;s parce qu'ils s'appellent Snoop. Il est sign&#233; parce qu'il faut vendre derri&#232;re. C'est pas juste &#8220;ah ouais tu fais trois notes, g&#233;nial&#8221;, non, faut vendre. C'est tr&#232;s anglo-saxon, les mecs sont tr&#232;s pros, ils savent que c'est important.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quitte &#224; me r&#233;p&#233;ter, les autres magazines apr&#232;s, l'Affiche, Radikal etc, ils ont fait la m&#234;me chose que nous. Ils se sont dit, ok on va envoyer nous aussi, des journalistes, photographes etc. Donc la deuxi&#232;me s&#233;ance avec Snoop (s&#233;ance de la &#8220;piscine&#8221;, ndlr), ce n'&#233;tait plus juste nous en fait. Il y avait d'autres magazines qui attendaient derri&#232;re. Alors que la s&#233;ance avec le billard (celle pour RER), c'&#233;tait juste Snoop, Perrin et moi. Personne d'autre. Donc il y avait un peu moins de limite de temps. Parce qu'il n'y avait pas tout le process de la maison de disques avec les attach&#233;s de presse qui disaient &#8220;attention...&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu une s&#233;ance une fois, c'&#233;tait avec Van Halen, dans son studio &#224; L.A., le 51/50. Et d'un seul coup j'entends derri&#232;re moi l'attach&#233; de presse qui dit &#8220;one minute left&#8221; et apr&#232;s j'entends &#8220;ten, nine...&#8221; et apr&#232;s &#8220;two, one... put the camera down, finished, finished&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Ouais, &#231;a ne plaisante pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Donc quand vous entendez le mec derri&#232;re comme &#231;a, on se dit, attend, est-ce que j'ai ce qu'il faut pour les 4 pages d'article et la couv ? Apr&#232;s, avec l'habitude &#231;a va presque tout seul, mais il y avait &#231;a qu'il fallait prendre en compte quand m&#234;me. Et la s&#233;ance de Snoop avec la piscine en terme de logistique, c'&#233;tait moins souple parce qu'il y avait le manager, l'attach&#233; de presse et deux trois autres personnes qui sont l&#224;... pour &#234;tre l&#224;, mais ils vous regardent faire, ils sont derri&#232;re vous. Ce n'est pas tout &#224; fait la m&#234;me ambiance. Donc pour cette s&#233;ance l&#224;, j'ai eu un seul spot, c'&#233;tait la piscine. Alors que l'autre s&#233;ance, c'&#233;tait pas entre potes, faut pas exag&#233;rer, mais c'&#233;tait plus convivial, j'ai eu trois quatre d&#233;cors diff&#233;rents, ce qui s'est av&#233;r&#233; inenvisageable par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est ce qui rend cette petite s&#233;rie de photos assez fascinante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Exactement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : En tant que lecteur du magazine &#224; l'&#233;poque, je n'avais pas connaissance de toutes ces contraintes que vous aviez, mais du coup quand on feuillette le mag, on se dit ah il est l&#224;, et apr&#232;s il est l&#224;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Ouais, il a pass&#233; une semaine avec lui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Oui, c'est l'impression que &#231;a donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Alors qu'on a pass&#233; une heure et demie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/photo_snoop_itw_rer_3-2-r180.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH667/photo_snoop_itw_rer_3-2-r180-90333.jpg?1758897485' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Et la deuxi&#232;me photo, celle avec la piscine, qu'est tr&#232;s chouette aussi, elle a &#233;t&#233; faite combien de temps apr&#232;s le premier shooting ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Je ne me souviens plus... &#231;a date de quand le RER l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Alors, c'&#233;tait tr&#232;s peu de temps apr&#232;s, parce qu'on n'a pas pass&#233; les ann&#233;es 2000 avec RER. Le num&#233;rique commen&#231;ait &#224; monter, le streaming etc. La presse musicale a commenc&#233; &#224; chuter. Moins de lectorat. Moins de pubs hors captif voir z&#233;ro. Et la pub captive baissait aussi. Et de m&#233;moire on a tout arr&#234;t&#233; en m&#234;me temps : RAGE et un mag aussi qu'on avait pour les ing&#233;s son. C'&#233;tait la m&#234;me r&#233;gie pub pour tous les mags. On a tout arr&#234;t&#233; avant de planter les gens et de ne plus pouvoir les payer. On a d&#251; avoir une dette avec un fournisseur de papier et un imprimeur sur un mag. Mais tous les gens ont &#233;t&#233; pay&#233;s. Malgr&#233; tout, beaucoup de gens n'&#233;taient pas contents car ils perdaient d&#233;j&#224; une ambiance qui &#233;tait tr&#232;s sympa, on se marrait vraiment bien &#224; cette &#233;poque l&#224;. Et puis un travail r&#233;gulier et un environnement professionnel tr&#232;s satisfaisant. Parce que, on vous envoie, vous, aujourd'hui &#224; Los Angeles pour faire Snoop, vous ne payez rien, ni avion, ni voiture, ni repas, ni h&#244;tel et vous avez une heure avec Snoop. Vous dites oui ou non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Oui, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Voil&#224;. Et comme vous ne faites pas l'aller retour parce que c'est trop fatigant, vous restez quelques jours sur place. Surtout qu'&#224; l'&#233;poque, les billets &#233;taient moins chers si on passait deux nuits sur place. Donc le reste du temps c'est du tourisme, ou on en profite pour rencontrer d'autres gens. M&#234;me des groupes de moindre importance dans le rap par exemple, mais qui par la suite allaient se d&#233;velopper. Mais c'&#233;tait plus facile d'acc&#232;s, en direct que de passer par tout le syst&#232;me maisons de disques, managers etc. Il y a un groupe qu'on a fait souvent, trois mecs super accessibles, apr&#232;s ils ont fait leur petit bonhomme de chemin, des mecs super gentils. On arrivait &#224; l'h&#244;tel, on les appelait, &#8220;on peut se voir demain ?&#8221; - &#8220;Pas de probl&#232;me&#8221;, m&#234;me s'ils n'avaient pas d'actu, on faisait une news, &#8220;tiens on a rencontr&#233; untel&#8221;. Une petite photo, un petit &#233;change un peu g&#233;n&#233;ral sur, je sais pas, la politique et voil&#224; &#231;a nous faisait une news. &#199;a remplissait les pages du mag avec des choses hors agence et hors maison de disques. Et pour le lectorat, &#231;a donnait l'impression qu'on connaissait les mecs (il s'av&#232;re que le groupe &#233;voqu&#233; ici, ce sont les Dilated People, ndlr).&lt;br class='autobr' /&gt;
A New York aussi on a rencontr&#233; plein de monde, avec Olivier N'Guessan, on allait dans des boutiques, rencontrer tel DJ, qui par la suite a sorti des mixtapes importantes et on l'a shoot&#233; comme &#231;a, &#224; Brooklyn. Erykah Badu, pareil, c'&#233;tait &#224; Brooklyn. Magnifique vraiment. A Brooklyn, dans une rue toute pourrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Et &#231;a a donn&#233; la photo qui est dans votre portfolio ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Exactement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L450xH450/erikah-badu_par_p_canigher-b7997.jpg?1758221858' width='450' height='450' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est vrai qu'elle est chouette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Suffit de pas grand chose. Elle &#233;tait super belle, et voil&#224;. Et surtout, on l'a rencontr&#233;e hors maison de disques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Et elle &#233;tait d&#233;j&#224; connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Ouais, mais en passant par untel, ou m&#234;me les agents qui s'occupaient d'untel, on nous aidait &#224; organiser des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Il y avait peut-&#234;tre un attrait suppl&#233;mentaire du fait que ce soit de la presse fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Oui, pour eux, la France c'&#233;tait le pays du vin, de la bouffe, de la mode, c'est l'ouverture sur l'Europe. Donc c'&#233;tait s&#251;rement un peu exotique, un fran&#231;ais qui arrive de Paris pour poser trois questions sur l'album. Et puis d'un point de vue purement business c'est une ouverture sur le march&#233;. Savoir que quelques photos et pages d'interview peuvent aider &#224; vendre tant de dizaines de milliers d'albums en plus, ce n'est pas n&#233;gligeable. Je ne dis pas que Snoop m'a reconnu la deuxi&#232;me fois (s&#233;ance de la &#8220;piscine&#8221;, ndlr), mais quand m&#234;me, j'ai senti que... ouais... &#8220;I know you, we've met before&#8221;. Et puis on leur amenait les mags, ils voyaient qu'il y avait quatre pages, plus des photos, &#233;ventuellement une couv. Par contre, il n'y avait pas de copinage. Une fois que l'interview est finie, chacun repart de son c&#244;t&#233;. C'&#233;tait boulot et c'est tout, &#224; l'anglo saxonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je me souviens de Cypress (Hill), une fois on devait faire un shooting entre le sound check et le concert, &#224; L.A. Et le tour manager ne nous aimait pas beaucoup, il voulait tout contr&#244;ler. Il nous a fait attendre dans une all&#233;e pr&#232;s des poubelles. Alors sur le coup c'&#233;tait relou, on ne pouvait pas profiter du sound check ni faire quoique ce soit, on attendait qu'on veuille bien nous laisser entrer. Mais une fois qu'on &#233;tait avec les artistes, ils &#233;taient super gentils. On pouvait m&#234;me parler de leur lien avec leur ville, leur communaut&#233;, de politique etc. Et l&#224; personne ne pouvait leur dire d'arr&#234;ter de parler, ils faisaient ce qu'ils voulaient. Et ce qui &#233;tait bien aussi, c'est que les journalistes connaissaient vraiment leur sujet. Cypress aussi, je me souviens une fois, avec Karim Madani, dans un quartier mexicain, pendant un tournage de clip, c'&#233;tait quand m&#234;me du gros clip et les mecs ont pris une heure avec nous pour l'interview, enfin peut-&#234;tre pas une heure mais du vrai temps. Parce qu'ils nous connaissaient un peu, ils avaient vu des articles ou des photos, et ils nous voyaient souvent en fait. A une p&#233;riode, j'ai h&#233;sit&#233; &#224; m'installer l&#224; bas, car j'y passais vraiment beaucoup de temps. On les suivait, on s'int&#233;ressait &#224; eux, c'&#233;tait un &#233;change, &#231;a nous servait &#224; nous et &#231;a leur servait &#224; eux. Les journalistes avaient un carnet d'adresses impressionnant, moi je partais avec des gens qui connaissaient vraiment le milieu, pas juste des mecs qui vont &#224; L.A. parce qu'il y fait toujours beau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais devoir bient&#244;t y aller. Je ne sais pas si vous avez une derni&#232;re question ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Une toute b&#234;te, est-ce que vous avez un souvenir particulier d'un shooting un peu plus marquant que les autres, une rencontre ? Ou une photo dont vous seriez particuli&#232;rement fier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Alors, je n'ai jamais aim&#233; compl&#232;tement ce que je faisais, parce que je me dis putain t'as merd&#233; sur la perspective, sur le cadrage, ou sur la lumi&#232;re. Snoop avec le billard, je me dis que j'ai merd&#233; sur la lumi&#232;re par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est s&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Donc je n'ai pas de meilleure photo... ce n'est pas que je ne l'aime pas mais toujours je trouve que j'ai merd&#233; sur un truc. Apr&#232;s une rencontre particuli&#232;re... c'&#233;tait tellement pro... comme j'ai dit, on ne gardait pas le contact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Peut-&#234;tre le shooting le plus agr&#233;able ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Mais tous. Parce que moi j'aime bien &#234;tre... on the edge. Etre au bord du truc. Donc toutes. Aucunes et toutes en m&#234;me temps. Y en a une, peut-&#234;tre, dans le rock. Avec Dweezil Zappa, fils de Franck Zappa. Qui a h&#233;rit&#233; de tout de son p&#232;re, y compris de son talent &#224; la guitare. Et il nous avait emmen&#233; au Joe's Garage qui &#233;tait le studio de son p&#232;re. Et donc plein de guitares partout dont celle d'Hendrix qui avait br&#251;l&#233; pendant Woodstock, il avait d&#251; la donner ou... enfin elle &#233;tait l&#224;, c'&#233;tait assez impressionnant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toujours en rock, un truc assez dr&#244;le. Andy Summers, le guitariste de Police. A L.A., et il ne faisait plus Police, il faisait des albums solos qui marchaient beaucoup moins que ceux de Sting. Rendez-vous chez lui &#224; Santa Monica, en bord de mer. Une esp&#232;ce de loft de trois &#233;tages, et un &#233;tage avec que des stars. Et &#224; l'&#233;poque on faisait des &#8220;guitar lessons&#8221;, on demandait &#224; un artiste de rejouer un morceau, on d&#233;composait avec les accords. Et donc Andy Summers voulait que ce soit un morceau de lui perso, et pas un morceau de Police. Mais nous, on pr&#233;f&#233;rait que ce soit un morceau de Police. Je ne sais plus quel &#233;tait le morceau, mais il commence &#224; jouer un peu &#224; contre-coeur. Et le journaliste qui parlait anglais un peu comme &#231;a (il se pince le nez et fait une voix nasillarde), lui dit &#8220;non non tu t'es gourr&#233;, t'as fait un r&#233; neuvi&#232;me, c'est un r&#233; septi&#232;me, il lui prend la guitare des mains et il lui fait la note... et l'autre dit &#8220;ah ouais t'as raison&#8221;... des moments dr&#244;les comme &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais sinon... Ouais Snoop, la surprise d'un mec super agr&#233;able, tr&#232;s coop&#233;ratif et beaucoup moins gangsta... Ice Cube pareil, il fait genre comme &#231;a mais finalement, mec hyper gentil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Parfait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Canigher&lt;/strong&gt; : Mais &#231;a vous va ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Oui, c'est parfait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Mille mercis &#224; Patrick Canigher pour sa disponibilit&#233;, sa confiance, et le partage de ses polaro&#239;ds &#034;de travail&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les photos pr&#233;sentes dans cet article sont diffus&#233;es avec son aimable autorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Portfolio : &lt;a href=&#034;https://canigher.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://canigher.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souvenirs d'auditeurs</title>
		<link>https://www.swampdiggers.com/Souvenirs-d-auditeurs</link>
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		<dc:creator>Mo&#239;se the Dude</dc:creator>


		<dc:subject>Analyse</dc:subject>
		<dc:subject>Entretien</dc:subject>
		<dc:subject>dirty south</dc:subject>
		<dc:subject>G-funk</dc:subject>
		<dc:subject>Snoop Dogg</dc:subject>
		<dc:subject>No Limit Records</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aborder une oeuvre en tant qu'auditeur - ici un album de rap - est une exp&#233;rience subjective et &#233;motionnelle plus que scientifique. Certains albums nous marquent plus que d'autres, pour des raisons qui sont autant li&#233;es au contenu de l'album qu'au contexte de sa sortie, la fa&#231;on dont on y acc&#232;de (surtout &#224; une &#233;poque o&#249; le streaming n'existait pas), celle dont il est market&#233; et une foule d'autres param&#232;tres. C'est cette &#034;exp&#233;rience auditeur&#034; que j'ai voulu partager avec le rappeur Monsieur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/Snoop-Dogg" rel="tag"&gt;Snoop Dogg&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/No-Limit-Records" rel="tag"&gt;No Limit Records&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH70/img_0652-493ab.jpg?1758261091' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='70' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aborder une oeuvre en tant qu'auditeur - ici un album de rap - est une exp&#233;rience subjective et &#233;motionnelle plus que scientifique. Certains albums nous marquent plus que d'autres, pour des raisons qui sont autant li&#233;es au contenu de l'album qu'au contexte de sa sortie, la fa&#231;on dont on y acc&#232;de (surtout &#224; une &#233;poque o&#249; le streaming n'existait pas), celle dont il est market&#233; et une foule d'autres param&#232;tres. C'est cette &#034;exp&#233;rience auditeur&#034; que j'ai voulu partager avec le rappeur Monsieur Sa&#239;, autour d'un disque pour lequel nous avons un amour commun : le 4&#232;me album de Snoop Doog, &#034;No Limit Top Dogg&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH306/gettyimages-117740334.jpg-1da24.webp?1758533553' width='500' height='306' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Mars 1998&lt;/strong&gt;, Snoop est une star du rap, avec deux albums &#224; son actif : un chef d'oeuvre produit par Dr Dre, &#8220;Doggystyle&#8221; (1993) et &#8220;Tha Doggfather&#8221; (1996), un sophomore album sympathique mais moins marquant et sans participation du bon docteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, il &#233;volue dans un environnement qui sent la mort, avec celle de Tupac survenue deux ans plus t&#244;t. La vie chez Death Row, sous le r&#232;gne de Suge Knight, n'est pas sereine et le beau d&#233;but de carri&#232;re du chien de Long Beach pourrait tourner court, artistiquement comme... physiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le salut vient alors de la Nouvelle Orl&#233;ans, quand Master P d&#233;cide de signer l'Ang&#233;lino sur son label, No Limit Records.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 98, No Limit Records est une machine de guerre (un char d'assaut pour logo, logique) avec une arm&#233;e de soldats/rappeurs (dont Master P lui-m&#234;me) qui sortent des disques &#224; un rythme effr&#233;n&#233;, usin&#233;s par un seul pool de producteurs, les Beat By The Pound. Chaque soldier rappant sur les albums des coll&#232;gues de fa&#231;on quasi syst&#233;matique. Une technique marketing efficace. Snoop a affirm&#233; r&#233;cemment que Master P lui a sauv&#233; la vie en le sortant du bourbier d'une part (il est carr&#233;ment parti vivre un temps en Louisiane) et en le dissuadant de participer &#224; un projet d'album &#224; charge contre Death Row (foment&#233; par le rappeur Mack 10) d'autre part, qui aurait certainement fait peser de s&#233;rieuses menaces sur sa vie. De son c&#244;t&#233;, Master P a expliqu&#233; que son objectif n'&#233;tait pas de faire de Snoop un simple soldat du label mais de lui enseigner les rudiments du business et d'en faire un entrepreneur capable de voler de ses propres ailes. Master P mentor de Snoop, une op&#233;ration r&#233;ussie, vu le sens du business dont fait preuve le rappeur/divertisseur depuis quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, sit&#244;t dans le giron du tank, retour sur investissement oblige, Snoop doit charbonner comme l'employ&#233; du mois. Il pr&#234;te all&#233;geance au tank, arbore le pendentif r&#233;glementaire, d&#233;bite bien-s&#251;r du couplet sur les albums des autres, et enregistre son premier solo maison en trois semaines seulement : &#8220;Da Game is to be sold, not to be told&#8221;, pour une sortie en Ao&#251;t 98. Cover Pen &amp; Pixel kitsch et rutilante, tracklist &#224; rallonge, omnipr&#233;sence des coll&#232;gues et du patron, productions Beat By The Pound &#224; 90% : c'est bien un album No Limit. Si ce premier opus sous banni&#232;re Louisianaise est commercialement un immense carton, il ne satisfait (trop injustement &#224; mon humble avis) ni la critique ni ceux qui r&#234;vent encore d'un digne successeur &#224; &#8220;Doggystyle&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux-l&#224; seront en partie exauc&#233;s en 2000 avec le troisi&#232;me - et dernier - album de Snoop chez No Limit, &#8220;Tha Last Meal&#8221;, plus proche de l'id&#233;e que beaucoup se font de ce que doit &#234;tre une bonne sortie du rappeur, une bonne sortie de gangsta rap west coast tout court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais entre &#8220;Da Game is...&#8221; et &#8220;Tha Last Meal&#8221; est venu se glisser, en Mai 1999, &#8220;No Limit Top Dogg&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un disque presque de transition, entre les sons new-orl&#233;anais et californiens, bien que le cap ait &#233;t&#233; volontairement (re)mis sur l'ouest. Un album particulier, &#233;trangement coh&#233;rent, et bourr&#233; de p&#233;pites, qui m&#233;rite qu'on lui tresse une couronne de lauriers.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Monsieur Sa&#239;, j'ai voulu &#233;changer avec toi autour d'un album pour lequel on partage un amour presque d&#233;raisonnable : le &#034;No Limit Top Dogg&#034; de Snoop. C'est un album qui est disque de platine, donc loin d'&#234;tre m&#233;connu, mais qui n'est pas si souvent cit&#233; par les fans et les amateurs, et pas toujours bien class&#233; dans sa discographie, limite m&#233;sestim&#233;, enfin c'est l'impression que j'ai toujours eue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Oui, j'ai l'impression que le fait que ce soit sorti chez No Limit Records a un peu effac&#233; le truc dans la t&#234;te des gens, c'&#233;tait juste une nouvelle galette du label. La pochette n'a pas d&#251; aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est ce que j'allais dire. Sur la forme, m&#234;me si la cover est sombre et j'ai presque envie de dire... sobre - ce qui est un choix de Snoop qui voulait un visuel plus proche de lui et de sa personnalit&#233; - elle a ce c&#244;t&#233; photoshop un peu crade des sorties No Limit, m&#234;me sans le c&#244;t&#233; clinquant fake, on pense que c'est une cover typique du label. Le contenu du livret est &#233;galement conforme aux standards du label, c'est-&#224;-dire qu'il contient deux malheureuses photos de Snoop, les cr&#233;dits et le reste de l'espace disponible est occup&#233; par des visuels des albums &#224; venir (dont certains ne sortiront jamais ou pas avec les m&#234;mes visuels).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/cover_album.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH500/cover_album-e2389.jpg?1758533553' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Il y a m&#234;me le listing des featurings directement sur la cover, ce qui est une marque de fabrique du label aussi, alors qu'en lisant les noms, il y avait Dre, Xzibit, Warren G, Nate Dogg, moiti&#233; de mecs de la c&#244;te ouest. C'&#233;tait d&#233;j&#224; un pas de c&#244;t&#233; par rapport &#224; &#8220;Da Game is to be sold, not to be told&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Tiens d'ailleurs, bizarrement, sur la cover de &#8220;Da Game is...&#8221; il n'y a pas le fameux listing d'invit&#233;s locaux, MAIS la cover est bien clinquante WTF conform&#233;ment au style de l'&#233;poque. Et c'est marrant, dans le livret de &#8220;Da Game is...&#8221; t'as d&#233;j&#224; une annonce pour &#8220;Top Dogg&#8221; mais avec un visuel genre hyper charg&#233;, qui ne sera pas du tout le visuel final.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, comme tu dis, un pas de c&#244;t&#233; ou le d&#233;but d'un retour aux sources car c'est vrai que s'il a tous les attributs d'un album No Limit, &#224; la prod et niveau feats par contre, on retourne sur la west coast. Mais de loin comme &#231;a, rien ne distingue &#8220;Top Dogg&#8221; d'une sortie No Limit traditionnelle, alors que Snoop me semble &#234;tre un rappeur plus important que tous les autres artistes du label &#224; l'&#233;poque. A l'exception de Master P lui-m&#234;me peut-&#234;tre, et ses deux frangins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : M&#234;me par rapport &#224; Master P. En France en tout cas, tout le monde connaissait Snoop. Alors que Master P c'&#233;tait d&#233;j&#224; plus pour les fouineurs. Moi j'&#233;tais encore vachement dans la d&#233;couverte &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Moi aussi. On va revenir sur ce pas de c&#244;t&#233;, mais avant, je voudrais que tu me dises comment tu as eu acc&#232;s &#224; l'album.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Alors... Puisqu'on parle de d&#233;couverte, mon introduction s&#233;rieuse &#224; Snoop c'est l'album pr&#233;c&#233;dent, qu'on a d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, &#034;Da game is to be sold, not to be told...&#034; donc son premier chez No Limit, pour lequel j'ai une grosse tendresse, je l'&#233;coute encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Je l'aime beaucoup aussi, m&#234;me si j'ai appris &#224; le conna&#238;tre tardivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Je suis de 1985 donc &#034;Doggystyle&#034; n'&#233;tait pas forc&#233;ment parvenu &#224; mes oreilles, &#224; part le morceau &#8220;Gin &amp; Juice&#8221; dont le clip passait sur M6. Donc ouais, j'avais des attentes plut&#244;t li&#233;es aux sons des Beats by the Pound, le pool de producteurs qui assuraient la production musicale de tous les albums du label.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : &#199;a change tout &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : J'ai un peu tra&#238;n&#233; pour le choper. Il n'y avait pas de bons disquaires dans la Sarthe en l'an 2000, et j'avais pas de bl&#233;, donc vers 18 ans, je l'ai trouv&#233; dans les promos &#224; la Fnac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Ok, donc en d&#233;cal&#233; de quelques ann&#233;es par rapport &#224; la sortie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ouais, 2/3 ans, &#231;a para&#238;t &#233;norme aujourd'hui mais &#224; l'&#233;poque &#231;a ne m'avait pas paru hyper long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Non, c'est vrai, &#224; l'&#233;poque t'&#233;tais pas totalement largu&#233; si tu d&#233;couvrais un truc avec un peu de retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Et mes parents m'avaient abonn&#233; &#224; Groove, &#231;a m'a fait d&#233;couvrir 10 000 trucs. Donc je savais qu'il &#233;tait sorti mais j'avais d&#251; me concentrer sur d'autres albums et il n'y avait pas de streaming donc je devais choisir avec soin o&#249; je claquais la thune que j'avais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Normal, fallait faire le bon choix, un billet &#233;tait pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Clairement. Je passais des plombes &#224; &#233;couter aux bornes d'&#233;coute de la Fnac avant de me d&#233;cider haha. Autres temps, autres modes de consommation... Mais au fait &#231;a va dans les deux sens ou c'est plus moi qui raconte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Dans les deux sens. Donc, avant de te demander comment tu as per&#231;u l'album, je vais moi-m&#234;me te raconter comment j'y ai eu acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Yes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Moi pour le coup j'avais ador&#233; &#8220;Doggystyle&#8221;, qui reste aujourd'hui un de mes albums de rap pr&#233;f&#233;r&#233;s. Mais je ne me le suis pas pris &#224; sa sortie - j'avais 12 ans - c'est venu quelques ann&#233;es plus tard. &#8220;Doggystyle&#8221;, &#231;a a &#233;t&#233; une r&#233;v&#233;lation par rapport au son G-Funk et au flow de Snoop. En revanche, je suis pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; de l'album suivant &#8220;Tha Doggfather&#8221; (&#224; un single pr&#232;s...) et &#034;Da Game is...&#034; je l'ai vraiment &#233;cout&#233; sur le tard comme je l'ai dit. MAIS, en 1999, ann&#233;e de la sortie de &#034;Top Dogg&#034; - j'ai 18 piges -, j'ach&#232;te le mag RER (&#8220;Rap &amp; Ragga magazine&#8221;) de Juillet/Ao&#251;t. Snoop est en couverture. Des gens de RER sont all&#233;s le voir &#224; L.A., pour une interview &#224; l'occasion de la sortie de l'album. Mais ce qui m'a principalement donn&#233; envie de choper l'album, ce sont la couverture et les photos du shooting que l'on doit &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.swampdiggers.com/souvenirs-de-shootings-de-Snoop-mais-pas-que' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Patrick Canigher&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Les clich&#233;s sont supers, les cadrages, la lumi&#232;re... il s'en d&#233;gage une atmosph&#232;re qui a fait fonctionner mon imaginaire &#224; fond. En deux-trois images j'ai projet&#233; un truc hyper fort. On y voit Snoop en voyou insolent en surv&#234;tement Adidas, il joue au billard, il fume, il prend la pose devant un panier de basket, un mur de brique. Dans ma t&#234;te, ces photos sont associ&#233;es &#224; l'album comme si elles &#233;taient dans le livret. Elles sont d'ailleurs coh&#233;rentes avec la cover en termes d'ambiance et de couleurs. J'ai gard&#233; le mag rien que pour &#231;a, c'est mon tr&#233;sor. Et il y a une chronique &#233;logieuse de l'album, qui donnait envie de l'&#233;couter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/img_0652.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH500/img_0652-4d277.jpg?1758533554' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Illustration : MC Blue Matter
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Je serais curieux de voir les photos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Je te les enverrai. Pour finir sur ma rencontre avec &#8220;Top Dogg&#8221;, il y a une petite anecdote quant &#224; l'acquisition de l'album.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Raconte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Je fais court : Ma m&#232;re m'a forc&#233; &#224; aider un de mes oncles &#224; pr&#233;parer des courriers promotionnels pour son entreprise. A l'&#233;poque, on n'&#233;tait pas encore dans le mailing, c'est du courrier papier. Donc j'ai pass&#233; deux jours &#224; mettre des prospectus dans des enveloppes, &#224; 18 piges, j'avais autre chose &#224; foutre de mon temps. Il se trouve que cet oncle est raciste, donc &#231;a me faisait encore plus chier. Mais je le fais. Comme je lui ai donn&#233; un coup de main, l'oncle veut me faire plaisir, je ne peux pas lui enlever &#231;a. Il propose d'aller chez le disquaire de ma ville et de me payer deux CD de mon choix. J'ai pris le Snoop et le premier B.O.S.S... J'avais l'impression de me venger de ses id&#233;es merdiques en le faisant raquer pour de la musique faite par des gens qu'il n'aime pas, tu vois le truc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Haha excellent. Ecoute le son tonton !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Il n'a pas cherch&#233; &#224; savoir, il est pass&#233; &#224; la caisse, il n'a pas fait de remarque en voyant Snoop sur la cover avec les trois pitbulls haha. Moi j'&#233;tais refait, je dois bien l'avouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : C'est marrant l'album a une aura un peu, dans l'achat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Ouais il a sa petite histoire. En r&#233;alit&#233;, si on ne me l'avait pas offert, je ne sais pas si j'aurais mis un billet, malgr&#233; le mag, les photos etc. Je l'aurais chop&#233; plus tard ou j'aurais zapp&#233; et je l'aurais d&#233;couvert &#224; un &#226;ge o&#249; les coups de c&#339;ur sont plus difficiles &#224; obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Du coup &#231;a a &#233;t&#233; la claque direct ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Pas direct - &#224; l'exception du track &#8220;Snoopafella&#8221; que j'ai kiff&#233; de suite. Mais le temps qu'il m'a fallu pour rentrer dedans se compte en nombre d'&#233;coutes, pas non plus en mois ou ann&#233;es. Il m'a juste fallu le temps d'appr&#233;hender ce son qui &#233;tait west coast mais pas G-Funk avec un peu de cette vibe No Limit m&#234;me si finalement elle est peu pr&#233;sente. Je me souviens d'une &#233;coute en particulier, tout seul chez mes parents, avec le son un peu fort, je me fais un kif - &#231;a devait &#234;tre le bon moment pour &#231;a - et tout &#224; coup il y a eu un d&#233;clic. Soudain je suis rentr&#233; dans l'album, ou plut&#244;t il m'est rentr&#233; dedans. Chaque morceau me faisait tripper, genre le gros voyage. Et ce jour-l&#224;, j'ai su qu'il s'installerait dans mon panth&#233;on pour toujours. &#199;a ne s'explique pas vraiment. C'est ce que j'aime appeler &#8220;l'exp&#233;rience auditeur&#8221;, un truc tr&#232;s personnel, une rencontre, un momentum. Et toi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Kiff&#233; oui mais pas le truc m&#233;morable au d&#233;part. Je vois carr&#233;ment ce que tu dis sur le son qui n'est ni G-funk ni No Limit, c'est aussi l'impression que j'ai eue. Dans un premier temps, j'ai kiff&#233; ce funk chelou, je faisais surtout tourner l'album pour bouger la t&#234;te. Et c'est avec le temps que j'ai vraiment &#233;cout&#233; les flows, d&#233;cortiqu&#233; les arrangements et que des portes se sont ouvertes. Et c'est des ann&#233;es plus tard que j'ai r&#233;alis&#233; que j'&#233;coutais souvent l'album et que je le connaissais par coeur, je me suis dit : ah ouais mais c'est une tuerie ce truc en fait ! Par exemple sur le premier track, l'arriv&#233;e des instruments, basse, puis guitare, puis drums, puis Snoop qui part sur la snare, c'&#233;tait malin, ce groove de fou. D'ailleurs j'aimerai causer des beatmakers &#224; un moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : On va en causer ouais. Ce premier track dont tu parles, c'est &lt;a href=&#034;https://youtu.be/l05nQVVTKmA?feature=shared&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;Buck'em&#8221;&lt;/a&gt;. Incroyable prod de Dre. C'est le grand retour de l'association Snoop/Dre, ils n'avaient plus collabor&#233; depuis &#8220;Doggystyle&#8221;, enfin, officiellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ouais et un Dre surprenant, pas de gros kick ou de caisse claire de 12kg, c'est hyper l&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Sur ce morceau, oui. Une sorte d'ambiance vicelarde et nocturne, faussement chill et Snoop qui arrive tel un prince de la crapulerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Mais oui. Et Sticky Finger qui ram&#232;ne un c&#244;t&#233; caniveau aussi. Un assemblage aux petits oignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Pour un premier track &#231;a envoyait une atmosph&#232;re en mode... on vous met pas un tube, mais on vous plonge direct dans un mood bien smooth thuggish quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : En effet pas un tube, y avait un c&#244;t&#233; bizarre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Parlons des beatmakers du coup, et de la couleur globale de l'album que je trouve assez unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ouais il est &#224; la fois tr&#232;s coh&#233;rent mais quand m&#234;me vari&#233; avec le funk en point commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Oui. Et de loin, encore une fois, on pourrait penser que l'album est vraiment un produit No Limit, ce qui n'est pas du tout le cas, on parlait de l'aspect visuel au d&#233;but, mais musicalement aussi, c'est un trompe l'&#339;il. Par exemple, il n'y a que deux prods des Beat By The Pound (de KLC en l'occurrence) qui, avec le recul, sont basiques dans leur genre et tr&#232;s No Limit, mais qui s'int&#232;grent au reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : C'est vrai qu'elles sont basiques. Mais &lt;a href=&#034;https://youtu.be/k1FxMnMKuLc?feature=shared&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;Down for my niggaz&#8221;&lt;/a&gt; c'est un peu la folie. C-Murder est d&#233;chain&#233; sur le son.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Oui c'est un beau bordel, bien la guerre. &#199;a tranche l&#233;g&#232;rement avec le reste mais &#231;a passe. En fait, c'est autant un morceau de Snoop qu'un morceau de C-Murder. Il est aussi sur l'un de ses albums (&#8220;Trapped in crime&#8221;, 2000)... Ils devaient leur manquer de quoi remplir, ils ont &#233;t&#233; re-piquer ce qui est un banger quand m&#234;me, faut reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ouais, la base de cuivre est quand m&#234;me bien crade haha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Hehe oui. Pour revenir sur la couleur musicale de &#8220;Top Dogg&#8221;, on le disait plus haut : ce n'est donc plus le son No Limit de &#8220;Da Game is...&#8220; mais ce n'est pas G-Funk comme &#8220;Doggystyle&#8221;. Ce n'est pas non plus le son de &#8220;Tha Doggfather&#8221;, et encore moins celui de &#8220;Tha Last Meal&#8221;. C'est une autre subtile variation de gangsta rap californien, enfin je trouve, c'est peut-&#234;tre moi qui projette un truc et qui exag&#232;re &#224; vouloir en faire un album &#224; part, mais j'ai toujours eu ce sentiment assez inexplicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : &#034;Da game is...&#034; a &#233;t&#233; fait comme tous les albums No Limit et l&#224; Snoop a tout fait &#224; sa sauce avec d'autres artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Master P a d&#251; n&#233;gocier avant de laisser carte blanche. Je me dis que le fait que &#034;Da game is...&#034; soit un album No Limit lambda devait faire partie du deal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Y a de &#231;a. Snoop a d&#233;clar&#233; dans une itw de l'&#233;poque qu'il consid&#233;rait normal que sur le premier album, il endosse le r&#244;le du bon soldat mais que sur &#8220;Top Dogg&#8221;, il a obtenu beaucoup plus de libert&#233;. Et puis Master P n'est pas idiot, il s'est dit que pour satisfaire les d&#233;&#231;us de &#034;Da Game is...&#034; fallait quand m&#234;me laisser Snoop revenir dans le style west. D'o&#249; &#8220;Top Dogg&#8221; et apr&#232;s &#8220;Tha Last Meal&#8221; que plein de gens ont kiff&#233; car &#231;a correspondait &#224; ce qu'ils attendaient de Snoop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : J'ai bien aim&#233; &#034;Tha Last meal&#034; aux premi&#232;res &#233;coutes parce que je trouvait qu'il poussait le d&#233;lire plus loin, mais au final je m'en suis lass&#233; assez vite. Tu penses que Master P savaient que les gens seraient d&#233;&#231;us de &#034;Da Game is...&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Il ne pouvait pas pr&#233;voir, et tout ce qu'il touchait se transformait en or, mais il a pu se dire, ok, je le laisse faire sa west coast shit, parce qu'il en a envie/besoin et c'est aussi ce que les gens veulent. Sachant que c'est un son qu'il conna&#238;t et qu'il appr&#233;cie. Il a v&#233;cu &#224; Richmond pr&#232;s de San Francisco, de 90 &#224; 95 environ, avant de revenir &#224; New Orleans. Les premiers albums No Limit sont tr&#232;s west. En m&#234;me temps je dis &#231;a mais &#8220;Da Game is...&#8221; a &#233;t&#233; double platine quand m&#234;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Il a vendu mais il s'est fait descendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est vrai que ventes et r&#233;ception critique sont deux choses diff&#233;rentes mais pour P, la r&#233;ception critique ne doit pas peser lourd face aux chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Bonne question... Il est quand m&#234;me intense quand il rappe le gars, il doit &#234;tre un peu passionn&#233; par le son. Mais de toute fa&#231;on l'association Snoop/No Limit n'est pas d&#233;connante de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Clairement pas d&#233;connante. Le son No Limit allait bien &#224; Snoop, ses apparitions sur les albums des autres rappeurs du label sont toujours cools, il d&#233;roule sur les prods des Beat By The Pound. Je pense qu'ils ont consid&#233;r&#233; avoir sorti un bon album avec &#8220;Da Game is...&#8221; et fondamentalement c'est le cas. Mais ce n'&#233;tait pas ce que certains fans et un certain nombre de personnes allergiques au son No Limit voulaient pour Snoop. Et ce n'&#233;tait pas ce que Snoop voulait non plus, en r&#233;alit&#233;, donc il a rectifi&#233; le tir avec la b&#233;n&#233;diction du patron. Il aurait commenc&#233; &#224; bosser sur &#8220;Top Dogg&#8221; d&#232;s 98 d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Par contre c'&#233;tait surprenant de ne pas entendre Master P sur &#8220;Top Dogg&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est vrai ! Alors qu'il est deux fois sur &#8220;Tha Last Meal&#8221;, donc pas d'embrouille &#224; priori... Pour revenir sur les producteurs, c'est donc le come back de Dre pour trois prods. Snoop dit dans le mag RER, qu'ils ont mis un peu de temps &#224; retrouver la vibe, mais on apprend au passage qu'ils avaient d&#233;j&#224; recommenc&#233; &#224; faire du son ensemble avant &#8220;Top Dogg&#8221;. Snoop avait pos&#233; des morceaux destin&#233;s &#224; ce qui sera &#8220;Chronic 2001&#8221;. Et c'est vrai que le track &#8220;Bitch Please&#8221; avec Xzibit, a ce rendu sonore qu'on retrouvera sur le classique de Dre, c'est &#224; dire ce son de blockbuster rond et puissant qui va red&#233;finir la couleur de pas mal d'albums mainstream par la suite. Aussi bien c'est un track issu d'une session pour &#8220;2001&#8221;. La prod me fait aussi penser &#224; celle de &#8220;X&#8221; de Xzibit. Dre avait trouv&#233; un son et il tournait autour, cette fois avec les gros kick et les caisses claires de 12kg comme tu disais plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ouais clairement dans un d&#233;lire 2001 mais le son est mortel. Petite anecdote : comme j'ai tard&#233; pour &#233;couter cet album, j'ai d'abord entendu &#8220;Bitch please II&#8221; sur &#8220;Marshall Mathers&#8221;, avant celle-ci. Au final j'aime mieux cette version parce qu'elle est plus bord&#233;lique au niveau de l'encha&#238;nement des MCs. Sinon, parmi les producteurs sur &#8220;Top Dogg&#8221;, celui qui m'a tu&#233; c'est Meech Wells. Je ne connaissais pas et ses sons sonnent presque acid-jazz (oui tout le monde a oubli&#233; l'acid-jazz). Et pour Snoop c'&#233;tait un boulevard, il rappait comme jamais avec des refrains chant&#233;s, des petits arrangements etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Ouais, Meech Wells, c'est tr&#232;s bon ! Je n'ai pas masse d'infos sur lui. C'est le fils de Cecil Womack (un des Womack Brothers) et de Mary Wells, une chanteuse. Il a beaucoup boss&#233; avec Snoop. En fait il &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; la prod de trois morceaux sur &#8220;Da Game is...&#8221;, o&#249; c'est l'un rares prodos non affili&#233; No Limit. Sur &#8220;Top Dogg&#8221; il l&#226;che six prods, c'est lui le plus pr&#233;sent, c'est le fil rouge de l'album en fait, et il ram&#232;ne un vrai truc. Cette couleur singuli&#232;re que j'ai du mal &#224; expliquer mais qui me fait tant kiffer, c'est &#224; lui qu'on la doit finalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Et je ne sais pas si &#231;a t'a marqu&#233; aussi, mais sur &#8220;Top Dogg&#8221; y a beaucoup de morceaux avec des tempos assez speed. &#199;a marche de ouf mais &#231;a m'avait fait bizarre pour du Snoop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : A l'&#233;poque &#231;a ne m'avait pas marqu&#233;, enfin pas consciemment, mais avec le recul c'est vrai que c'est particulier. C'est ce qui rend l'album unique, d&#233;finitivement et en fait... c'est la touche Meech Wells justement ! Les beats un peu uptempo, les subs et les petits sons funky de l'espace. &#8220;Betta Days&#8221;, &#8220;My heat goes boom&#8221;, &#8220;G Bedtimes stories&#8221;, &#8220;Gangsta ride&#8221;... c'est lui tout &#231;a. Y a pas de hasard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Voil&#224;, &#231;a joue sur la couleur de l'ensemble. Il y a Ants Banks aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Il vient d'Oakland lui, mais je ne sais pas si on peut dire qu'il ram&#232;ne la vibe de la Bay, car il n'a qu'un seul morceau, &#8220;Snoopafella&#8221;, qui est une reprise quasi identique de &#8220;Cinderfella Dana Dane&#8221;, un morceau de 87 de Dana Dane, un rappeur old school proche de Slick Rick. Snoop fait le coup de la reprise comme sur &#8220;Doggystyle&#8221; et &#8220;Tha Doggfather&#8221;. C'est le petit d&#233;tail pour dire qu'il a le contr&#244;le de la D.A. D'ailleurs, la coh&#233;rence de la DA sur cet album m'&#233;patera toujours, &#231;a s'est un peu perdu par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Oui et non d'apr&#232;s moi. C'est vrai qu'il est un peu parti dans tous les sens apr&#232;s, mais il a toujours tent&#233; des trucs, depuis le d&#233;but. Et sur celui-ci il a commenc&#233; &#224; s'&#233;loigner d'un gangsta rap brut, je trouve. Entre retour aux sources et explorations musicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est vrai qu'en plus des rythmiques rapides que tu a &#233;voqu&#233;es, il y a un c&#244;t&#233; un peu RnB, &#231;a croone, y a plein de refrains hyper m&#233;lodieux - t'as quand m&#234;me Raphael Saadiq sur l'album - mais &#231;a reste thug. Le morceau avec Saadiq est terrible. &#199;a chantonne avec le flingue &#224; la ceinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Carr&#233;ment, Raphael Saadiq est m&#233;ga suave, mais il fait quatorze fois le refrain c'est trop long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est vrai qu'il est vocalement pr&#233;sent. Et il fait la prod, c'est son morceau en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : C'&#233;tait aussi les d&#233;buts de la nu soul et Snoop a peut-&#234;tre voulu mettre un pied dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Je ne saurais dire mais c'est coh&#233;rent avec son c&#244;t&#233; laid back inalt&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Clairement. T'as un top 3 sur l'album ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Buck'Em / &lt;a href=&#034;https://youtu.be/yLGDJIXPMZI?feature=shared&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Snoopafella&lt;/a&gt; / &lt;a href=&#034;https://youtu.be/fIUDAXW7uj0?feature=shared&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;In love with a thug&lt;/a&gt; / &lt;a href=&#034;https://youtu.be/ybA7bks6sFM?feature=shared&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Something bout Ya Business&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bon, &#231;a fait quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Des choix coh&#233;rents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est mon c&#244;t&#233; smooth criminal. Et toi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Quatre aussi du coup : Buck'em / &lt;a href=&#034;https://youtu.be/Y8z4c0EGgIs?feature=shared&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G bedtime stories&lt;/a&gt; / Down 4 my N's / &lt;a href=&#034;https://youtu.be/6qHHiL9V3PA?feature=shared&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Party with a DPG&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : G Bedtime Stories, j'aurais pu le mettre aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Le couplet qu'il envoie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : On est vraiment sur ce truc uptempo dont tu parlais, assez &#233;tonnant. &#199;a file, &#231;a rebondit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ouais, il galope le morceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est mon Meech Wells ! Si on voulait pousser l'analogie un peu loin, on pourrait rapprocher ce track de ce que fait la Stinc Team depuis quelques ann&#233;es. Un Ralphy The Plug sur cette prod ce serait pas d&#233;lirant. En plus le morceau est court, ce qui correspond aux formats d'aujourd'hui. Pour l'&#233;poque c'&#233;tait un interlude quasiment. Bon et en parlant de top, du coup &#8220;Top Dogg&#8221; c'est ton album pr&#233;f&#233;r&#233; de Snoop carr&#233;ment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ouais, franchement. Je me dis que market&#233; diff&#233;remment il aurait pu faire un carton type &#034;2001&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Ah ouais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Je m'emballe un peu, il y a quand m&#234;me un c&#244;t&#233; plus ou moins underground sur &#8220;Top Dogg&#8221;. Mais je le vois comme un classique de seconde zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Classique de seconde zone &#231;a lui va bien ! M&#234;me si c'est chelou de parler de seconde zone pour un album de Snoop. Mais je vois l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : C'est clair. Millionnaire de seconde zone !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Hehe, oui. Tu parles de marketing et comme on le disait au d&#233;but de notre &#233;change, cet album estampill&#233; No Limit, faisait partie d'un flot de sorties. Alors que &#8220;Chronic 2001&#8221;, outre ses qualit&#233;s intrins&#232;ques de composition et d'ing&#233;nierie sonore, c'&#233;tait un blockbuster annonc&#233; et revendiqu&#233;, enfin c'est l'impression que &#231;a donnait. L'album de Snoop reste adress&#233; &#224; un certain public, il est moins rassembleur. Les morceaux tr&#232;s grand public de Snoop arrivent plus tard. J'entends par l&#224;, les morceaux que m&#234;me ceux qui n'&#233;coutent pas de rap connaissent (et qui ont &#233;t&#233; massivement diffus&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : &#8220;Chronic 2001&#8221; a &#233;t&#233; matraqu&#233; et le casting &#233;tait dingue. No Limit n'avait pas la m&#234;me force de frappe, m&#234;me s'ils avaient conscience que Snoop &#233;tait un atout marketing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : Bon, moi je mets &#8220;Doggystyle&#8221; avant parce que je l'adore mais &#8220;Top Dogg&#8221; en deux juste derri&#232;re, tout proche. Je pourrais ne garder que ces deux albums de Snoop, virer tous les autres et je serais d&#233;j&#224; tr&#232;s heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ayant d&#233;couvert &#8220;Doggy...&#8221; en parall&#232;le, je le kiffe aussi mais &#8220;Top Dogg&#8221; m'a plus pris par les sentiments, je ne sais pas pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est la magie de l'exp&#233;rience d'auditeur. Et c'est pour &#231;a que t'as des d&#233;bats enflamm&#233;s entre les amateurs, alors qu'&#224; un moment... &#231;a ne sert plus &#224; rien, c'est des zones dans le cerveau qui s'allument. Des sentiments comme tu dis, des &#233;motions, rien de rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Ouais j'aime bien les gens qui te conseillent un album, c'est le pire de l'artiste mais c'est celui qu'ils pr&#233;f&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : J'adore. C'est du vrai sentiment ! Avec des raisons tellement subjectives !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; : Carr&#233;ment d'accord, les gens qui parlent d'objectivit&#233; en musique &#231;a me&lt;br class='autobr' /&gt;
saoule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo The Dude&lt;/strong&gt; : C'est une bonne conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/img_1048.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH500/img_1048-a40b9.jpg?1758533554' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Illustration : MC Blue Matter
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur Sa&#239;&lt;/strong&gt; est un rappeur manceau actif depuis 2008, auteur de textes politiques, autobiographiques ou de storytelling. Il a fond&#233; le label Mauvais Sang, et compose des objets sonores vaguement horrifiques sous le pseudo Emma Goldman. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://mauvaissangofficiel.bandcamp.com/album/malveillance-ms013&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://mauvaissangofficiel.bandcam...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo&#239;se The Dude&lt;/strong&gt; est un rappeur parisien actif depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. Son dernier EP &#034;Da Croona 2&#034; est disponible sur les plateformes : &lt;a href=&#034;https://distrokid.com/hyperfollow/mosethedude/da-croona-2&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://distrokid.com/hyperfollow/m...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MC Blue Matter&lt;/strong&gt; est un artiste parisien reconnu pour ses centaines de pochettes dans le hip-hop et le jazz. Son univers visuel l'a amen&#233; &#224; collaborer avec des figures comme Digable Planets, Illa J, Blu ou Bahamadia : &lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/mcblue_matter?igsh=MTl2eXZmdm42Mnd6aA==&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.instagram.com/mcblue_ma...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CASISDEAD'S FAMOUS LAST WORDS</title>
		<link>https://www.swampdiggers.com/CASISDEAD-S-FAMOUS-LAST-WORDS</link>
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		<dc:date>2023-11-22T09:19:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mo&#239;se the Dude</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour ceux qui suivent les aventures du bonhomme depuis longtemps, le 27 octobre 2023 &#233;tait un jour fermement coch&#233; sur le calendrier, puisque sortait le long awaited premier album de CASISDEAD : Famous Last Words. Le gars se fait sporadique et cryptique depuis au moins dix piges et pourtant, la hype est r&#233;elle, en tout cas sur son &#238;le de Grande-Bretagne o&#249; il est lou&#233; par la presse et par ses pairs et m&#234;me jusqu'aux Am&#233;riques, puisqu'en 2017, Asap Rocky d&#233;signait CAS comme son rappeur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/albums-mixtapes-1" rel="directory"&gt;Albums/Mixtapes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH74/267991_copie-f9e8a.png?1700136378' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour ceux qui suivent les aventures du bonhomme depuis longtemps, le 27 octobre 2023 &#233;tait un jour fermement coch&#233; sur le calendrier, puisque sortait le long awaited premier album de CASISDEAD : &lt;i&gt;Famous Last Words&lt;/i&gt;. Le gars se fait sporadique et cryptique depuis au moins dix piges et pourtant, la hype est r&#233;elle, en tout cas sur son &#238;le de Grande-Bretagne o&#249; il est lou&#233; par la presse et par ses pairs et m&#234;me jusqu'aux Am&#233;riques, puisqu'en 2017, Asap Rocky d&#233;signait CAS comme son rappeur anglais pr&#233;f&#233;r&#233;. Bizarrement, il reste relativement m&#233;connu chez nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tra&#238;n&#233; dans le grime au d&#233;but des ann&#233;es 2000 sous le nom de &lt;strong&gt;Castro Saint&lt;/strong&gt;, il dispara&#238;t de la surface de la terre entre 2007 et 2012. Personne ne sait ce qu'il est devenu durant ces cinq ann&#233;es. Interdiction de lui poser des questions sur cette p&#233;riode, comme sur son enfance, ou sa vie priv&#233;e. Malgr&#233; tout, gr&#226;ce aux rares interviews qu'il a donn&#233;es, on grappille quelques &#233;l&#233;ments biographiques. D'ascendance britannique et ghan&#233;enne, issu de Tottenham, quartier du nord-est de Londres, grand vivier de rappeurs (&lt;strong&gt;Skepta&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;JME&lt;/strong&gt;&#8230;). Environnement difficile, p&#232;re absent, violence domestique, violence dehors aussi, drogue (vente et consommation. L'addiction est une th&#233;matique r&#233;currente), d&#233;c&#232;s parmi les proches, cancers, morts violentes... Concernant sa disparition entre 2007 et 2012, les sp&#233;culations sont permises, la piste m&#233;dicale n'est pas &#224; exclure (grave accident de la route ? longue maladie ?), celles de l'incarc&#233;ration ou de la d&#233;sintox non plus. Semblerait que &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; ait crois&#233; le regard de la faucheuse d'assez pr&#232;s. Cependant, s'il se pr&#233;sente comme un survivant de l'enfer, il relativise, rappelant que beaucoup de gens ont cette vie. Et il &#233;lude en disant que certaines r&#233;ponses aux questions sont dans ses textes. Rester vivant semble &#234;tre son principal objectif ; en &#234;tre arriv&#233; l&#224; est d&#233;j&#224; une victoire. &#034;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://theface.com/music/casisdead-interview-album-deadcorp-famous-last-words&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;I've never been all right&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&#034; d&#233;clarait-il d&#233;but novembre &#224; un journaliste du magazine &lt;strong&gt;The Face&lt;/strong&gt;, alors que la sortie de l'album battait son plein. Les lines faisant r&#233;f&#233;rence &#224; la mort et au suicide sont courantes dans ses textes. A moins que tout cela ne soit qu'un vaste storytelling pour faire monter la sauce.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2810 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH500/casisd-cca3f.jpg?1700567637' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bref, c'est donc en 2012, qu'il revient masqu&#233; et le myst&#232;re qui entoure l'identit&#233; de celui qui se fait d&#233;sormais appeler &lt;strong&gt;CASISDEAD&lt;/strong&gt;, ajoute ind&#233;niablement de l'aura &#224; l'aura. L&#224; aussi, pas mal de rumeurs sur son identit&#233;, je n'ai pas eu le courage de creuser. Les traces visuelles de sa p&#233;riode &lt;strong&gt;Castro Saint&lt;/strong&gt; ont &#233;t&#233; supprim&#233;es des internets. Au fond, peu importe Au d&#233;part, il arbore un masque genre hockey/paintball fa&#231;on t&#234;te de mort et ensuite diff&#233;rents masques humains en caoutchouc souple extr&#234;mement bien faits, fa&#231;on seconde peau, recouvrant la t&#234;te enti&#232;re jusqu'au cou, comme les proth&#232;ses qu'on utilise dans le cin&#233;ma. De cette volont&#233; de ne pas se montrer, il dit simplement que c'est pour pr&#233;server son anonymat. Dans une interview qui daterait de 2013, il indique travailler comme assistant p&#233;dagogique en garderie, et ne pas vouloir perturber les gamins&#8230; Encore un truc inv&#233;rifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013/2014 il sort la tr&#232;s bonne (et plut&#244;t grime) mixtape &lt;i&gt;The Number 23&lt;/i&gt; (r&#233;f&#233;rence possible &#224; la th&#233;orie de l'&#233;nigme 23 ? Je vous laisse chercher&#8230;), qui regroupe pas mal de titres sortis jusque l&#224;, dont &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=DtxoNkhKBes&amp;ab_channel=CASISDEAD&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Leon Best&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;Drugs&lt;/i&gt; (clip&#233; sous le titre &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=owlwpnNC6hU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Drugs don't work&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) un titre bien dark sur l'addiction, un truc qui, si tu l'&#233;coutes en boucle, te plonge dans une profonde, insondable mais grisante tristesse, bad trip et replay value garantis. La prod ent&#234;tante, grimy &#224; souhait, avec son sample de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ToQ0n3itoII&amp;ab_channel=TheVerveVEVO&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Verve&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (la Grande-Bretagne b&#233;b&#233;). En 2015, il l&#226;che &lt;i&gt;Commercial 2&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Commercial 1&lt;/i&gt; n'existe pas, quel boute-en-train), un EP dispo en digital et vendu uniquement en K7. Il y rappe sur le &lt;i&gt;Phone Call&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Kavinsky&lt;/strong&gt; et autres prods pleines de synth&#233;s 80's r&#233;tro futuristes, une couleur musicale qu'il affectionne et qui deviendra sa marque de fabrique. Une formule qui arrivera &#224; maturit&#233; quelques ann&#233;es plus tard, d'une part avec le morceau &lt;i&gt;Pat Earrings&lt;/i&gt; et d'autre part avec l'album. De cette passion sinc&#232;re pour les sonorit&#233;s 80, &lt;i&gt;new wave&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;synthpop&lt;/i&gt;, il dit simplement que &#231;a trouve &#233;cho en lui, on imagine &#224; un niveau &#233;motionnel - et comme je le comprends.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;son&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;150&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/P2j0tBjixYg?si=x8pxDh6q8FhQPBq0&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, sur une p&#233;riode de deux-trois ans : une collab avec &lt;strong&gt;Tricky&lt;/strong&gt; et des singles clip&#233;s, notamment &lt;i&gt;Simon&lt;/i&gt;, encore un morceau bien rude sur la consommation de drogue ; le titre &lt;i&gt;Before This&lt;/i&gt; en feat avec &lt;strong&gt;Later&lt;/strong&gt; (qu'on retrouvera sur &lt;i&gt;Famous Last Words&lt;/i&gt;) un track un peu moins &lt;i&gt;dark&lt;/i&gt; - encore qu'avec &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt;, le diable se cache dans les d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un beau jour, blackout sur son insta, panique chez les fans, &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; serait-il dead une seconde fois et/ou pour de bon ? A moins que ce ne soit encore une savante technique marketing jouant sur la fascination morbide et les possibilit&#233;s de r&#233;surrection. Toujours est-il que les admirateurs s'inqui&#232;tent, ce n'est pas comme si le bonhomme n'avait pas d&#233;j&#224; donn&#233; de s&#233;v&#232;res signes de d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis sort le fameux &lt;i&gt;Pat Earrings&lt;/i&gt;. Il y est question d'une histoire d'amour compliqu&#233;e parce que tarif&#233;e. La prod, sign&#233;e &lt;strong&gt;Cyrus&lt;/strong&gt;, est hypnotique, si le th&#232;me principal est un sample, difficile d'en trouver la source et les cr&#233;dits sont assez maigres concernant ce titre. Quoiqu'il en soit, &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt;, un brin &lt;i&gt;laid back&lt;/i&gt;, tout en espaces et pr&#233;cision, la ride &#224; la perfection. Le morceau appara&#238;t dans les s&#233;ries &lt;i&gt;People just do nothing&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Top Boy&lt;/i&gt;, ce qui contribue &#224; gonfler le buzz.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;video&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/AKSGhZi8SLU?si=garbd_7M95mC2KjY&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, plus grand chose. Il r&#233;alimente son insta de contenus n&#233;buleux, les fragments d'un nouveau monde, forc&#233;ment sombre, c'est l'av&#232;nement de l'entreprise &lt;strong&gt;Dead Corp&lt;/strong&gt;, son label. Puis nouveau gros m&#233;nage sur le r&#233;seau, avant de simplement renvoyer une poign&#233;e de singles, qui cette fois, annoncent l'album. Je bave mais j'ai peur. Je veux qu'il me serve une sauce conforme aux attentes, ce &lt;i&gt;new wave rap&lt;/i&gt; modernis&#233;, gorg&#233; de pluie fine et de spleen urbain londonien, une extension de la B.O. d'un film de &lt;strong&gt;Winding Refn&lt;/strong&gt;, genre &lt;i&gt;Drive&lt;/i&gt;. L'analogie n'est pas anodine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2808 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/cas.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH625/cas-4b841.jpg?1700644796' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines avant la sortie, la tracklist est dispo sur le site du prestigieux label &lt;strong&gt;XL Recording&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;M.I.A.&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Radiohead&lt;/strong&gt;/&lt;strong&gt;Thom Yorke&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Kenny Beats&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Dizzee Rascal&lt;/strong&gt; par le pass&#233;, et autres), ainsi que la pr&#233;commande des diff&#233;rents supports physiques. L'air de rien, entre tracks anciens et r&#233;cents, 7 titres ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;s. Peu de surprises &#224; venir, ce qui, paradoxalement, me rassure : la marge d'erreur est amoindrie. Surtout, &lt;i&gt;Pat Earrings&lt;/i&gt; sera dedans. En vieux crouton f&#233;tichiste, je suis ravi &#224; l'id&#233;e de pouvoir poss&#233;der le morceau sur vinyle. Bref, &#231;a s'annonce coh&#233;rent, dans la vibe attendue. Je parlais de B.O., c'est r&#233;ellement l'esprit de l'opus. Raccord avec la d&#233;marche de &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt;, qui expliquait d&#233;j&#224; en 2014 sur &lt;a href=&#034;https://i-d.vice.com/en/article/d3vvaa/casisdead&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;I-D Vice&lt;/a&gt;, qu'il pense d'abord &#224; tourner des images, avant de trouver la musique qui ira avec, il se consid&#232;re autant, si ce n'est plus, r&#233;alisateur/directeur artistique que rappeur. Il est vrai que ses visuels les plus r&#233;cents sont soign&#233;s. Et pour vraiment donner des airs de B.O. &#224; son oeuvre, il a truff&#233; la tracklist de 8 interludes, traits d'unions tout en nappes et sons d'ambiance, en soutien de dialogues jou&#233;s par un ami, l'ex mauvais gar&#231;on devenu acteur &lt;strong&gt;Ed Skrein&lt;/strong&gt; (vu dans &lt;i&gt;Deadpool&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;), et la com&#233;dienne &lt;strong&gt;Emma Rigby&lt;/strong&gt;. Suffisamment courts pour ne pas alt&#233;rer l'&#233;coute, laissant entrevoir une soci&#233;t&#233; dystopique o&#249; l'entreprise &lt;strong&gt;Dead Corp&lt;/strong&gt; fabrique l'&lt;i&gt;Aghast 6&lt;/i&gt;, une drogue procurant aux consommateurs une indiff&#233;rence lib&#233;ratrice aux &#233;motions parfois douloureuses qui font l'humain. En creux : le contr&#244;le des masses. Le produit a m&#234;me son &lt;a href=&#034;https://www.aghast6.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site internet&lt;/a&gt;. Le commentaire social fait aussi partie du rap de &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt;, par touches rapides et nettes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;Soon the poor ain't gonna have shit to eat except the rich yeah they love you when you're dead let you have that loan, yeah, they love when you're in debt&#8221;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;small&gt;&lt;i&gt;Sarah Connor&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Famous Last Words&lt;/i&gt; c'est donc 8 skits sur 23 pistes, ce qui nous laisse 15 morceaux rapp&#233;s, entre atmosph&#232;res froides et d'autres plus enlev&#233;es (mais toujours avec la touch 80's). &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; rappe comme un chef, d&#233;roulant de sombres histoires en alignant les allit&#233;rations et les assonances avec une pr&#233;cision et une fluidit&#233; &lt;i&gt;MF Doomiennes&lt;/i&gt;. Il faut insister sur ses qualit&#233;s de rimeur et de rappeur, planteur de d&#233;cor hors pair, story-telleur olympique, technicit&#233; en prime. Le gars est un cran au-dessus de la moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt;&#8220;Only MC on my level MC. Escher&#8221;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;small&gt;&lt;i&gt;Traction Control&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ici, une r&#233;f malicieuse et m&#233;taphorique, &#224; &lt;strong&gt;Maurits Cornelis Escher&lt;/strong&gt;, fameux dessinateur de constructions impossibles, d&#233;fiant les lois de la physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque morceau sa voiture de luxe ou de sport &#224; gros moteur comme cadre principal de l'action, un album valid&#233; par &lt;strong&gt;Dominique Chapatte&lt;/strong&gt;. On note la d&#233;dicace &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dukeoflondon.co.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Duke of London&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans le livret, concessionnaire londonien sp&#233;cialis&#233; voitures de collection en tous genres. A chaque morceau son personnage f&#233;minin &#233;quivoque, girl next door, prostitu&#233;e, star fuckeuse et autre papillon de nuit, &#224; chaque morceau son rapport charnel teint&#233; d'amertume. Les amours sont constamment dysfonctionnelles, d&#233;r&#233;gl&#233;es par les drogues, des probl&#232;mes psychologiques, un contexte d&#233;favorable et/ou la violence (sexuelle) masculine qui est point&#233;e du doigt, comme dans &lt;i&gt;Steptronic&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4Z0mIiJW0yA&amp;ab_channel=CASISDEAD&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boys will be boys&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui se termine par celle line d&#233;finitive : &lt;i&gt;&#8220;it's us that made her like this, it's deep&#8221;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Boys will be boys&lt;/i&gt; dont le clip est r&#233;alis&#233; par &lt;strong&gt;Ed Skrein&lt;/strong&gt;, starring &lt;strong&gt;Emma Rigby&lt;/strong&gt;, on ne change pas une &#233;quipe qui gagne. Clip d&#233;di&#233; &#224; la m&#233;moire de &lt;strong&gt;Ebow Graham&lt;/strong&gt; des &lt;strong&gt;Foreign Beggars&lt;/strong&gt;. A chaque morceau sa d&#233;sillusion, sa pointe de lose et de m&#233;lancolie, jusqu'au dernier track, &lt;i&gt;Skydive&lt;/i&gt;, feat. &lt;strong&gt;Neil Tennant&lt;/strong&gt; des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=dRHetRTOD1Q&amp;ab_channel=PetShopBoysParlophone&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pet Shop Boys&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, l&#233;gende de cette &lt;i&gt;synthpop&lt;/i&gt; si ch&#232;re au rappeur, o&#249; le temps est pass&#233; en un battement de cil, o&#249; les nouveaux artistes sont fake et surc&#244;t&#233;s, o&#249; la musique de qualit&#233; n'existe plus que sur de vieilles cassettes (&lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; a un petit penchant le rap c'&#233;tait mieux avant ; Fuck les mythos !) ; o&#249; l'on regrette les proches partis trop t&#244;t, o&#249; la tristesse finit par l'emporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme de go&#251;t &#224; la (pop)culture g&#233;n&#233;rale &#233;toff&#233;e, il name drop plusieurs fois &lt;strong&gt;Bowie&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Prince&lt;/strong&gt;, mais aussi &lt;strong&gt;David Lynch&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Hank Moody&lt;/strong&gt; (le personnage jou&#233; par &lt;strong&gt;David Duchovny&lt;/strong&gt; dans &lt;i&gt;Californication&lt;/i&gt;), &lt;strong&gt;Kate Bush&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Erasure&lt;/strong&gt; (groupe des 80's, &#233;videmment), &lt;strong&gt;Freddie Mercury&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Bjorn Borg&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Lindsay Davenport&lt;/strong&gt;, sans oublier sa console de jeu Sega, ce qui ne nous rajeunit pas et trahit l'&#226;ge du rappeur, n&#233; en 1986.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt;&#8220;Nah I don't have snapchat, I'm not easy to contact, I'm old school like that&#8221;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;small&gt;&lt;i&gt;Before This&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_2809 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/casis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH333/casis-67aab.jpg?1700644796' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur cet album &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; est bien entour&#233;. Plusieurs featurings pour des refrains chant&#233;s. &lt;strong&gt;Neil Tennant&lt;/strong&gt;, on l'a dit, repr&#233;sente une forme d'adoubement et de cons&#233;cration, mais aussi des chanteuses : &lt;strong&gt;Ellie Kamio&lt;/strong&gt; du groupe &lt;strong&gt;S&#228;len&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Connie Constance&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Dora Jar &lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Megan Louise&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Desire&lt;/strong&gt; (deux fois), toutes issues de l'indie pop et indie rock branchouille britannique ou am&#233;ricain. Tr&#232;s connect&#233; le &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt;&#8230; Pas un seul rappeur &#224; l'horizon (pour quoi faire ?). A la prod, &#231;a ne plaisante pas non plus. &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; est cr&#233;dit&#233; comme &lt;i&gt;executive producer&lt;/i&gt;, second&#233; par &lt;strong&gt;Michalis &#8220;MSM&#8221; Michael&lt;/strong&gt; (qui s'est &#233;galement occup&#233; du mixage). Collaborateur de longue date, &lt;strong&gt;MSM&lt;/strong&gt; est un ing&#233;nieur du son et producteur du nord de Londres ayant boss&#233; avec de grands noms du grime et autres artistes archi bankable genre &lt;strong&gt;Drake&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Ed Sheeran&lt;/strong&gt;. Le mastering est assur&#233; par &lt;strong&gt;Joe LaPorta&lt;/strong&gt;, du studio &lt;strong&gt;Sterling Sound&lt;/strong&gt;, New Jersey. Solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;tail, on notera que les skits sont produits par &lt;strong&gt;Johnny Jewel&lt;/strong&gt;, multi instrumentiste am&#233;ricain, pas mal port&#233; sur l'&lt;i&gt;ambient&lt;/i&gt;, l'&lt;i&gt;&#233;lectro-electropunk&lt;/i&gt;, grand amateur de sons analogiques, fondateur du label &lt;strong&gt;Italians do it better&lt;/strong&gt;, et membre de plusieurs groupes, notamment &lt;strong&gt;Desire&lt;/strong&gt; (avec la &lt;strong&gt;Megan Louise&lt;/strong&gt; pr&#233;-cit&#233;e) dont le morceau &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=9K7rmxjk5RQ&amp;ab_channel=ThePrismer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Under Your Spell&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; est pr&#233;sent sur la B.O. de&#8230; &lt;i&gt;Drive&lt;/i&gt;. La boucle est boucl&#233;e.. &lt;strong&gt;Jewel&lt;/strong&gt; semble avoir eu son importance dans la conception globale de l'album. Sinon, le gros des morceaux est produit par un certain &lt;strong&gt;Felix Joseph&lt;/strong&gt;, ayant boss&#233; notamment avec &lt;strong&gt;Jorja Smith&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Pa Salieu&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Goldlink&lt;/strong&gt; et d'autres. Le reste est partag&#233; entre diff&#233;rents prodos : &lt;strong&gt;Kyle Dixon&lt;/strong&gt; (encore un amateur de synth&#233;s, ayant boss&#233; sur &lt;i&gt;Stranger Things&lt;/i&gt;), &lt;strong&gt;Cyrus&lt;/strong&gt; (fid&#232;le de &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; cit&#233; plus haut), &lt;strong&gt;The Purist&lt;/strong&gt; (producteur anglais ayant boss&#233; avec des grosses t&#234;tes du rap US) et &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; lui-m&#234;me. Il est frappant de constater que les prods sont con&#231;ues et mix&#233;es comme des prods d'&lt;i&gt;&#233;lectro pop&lt;/i&gt;, m&#234;me les parties rythmiques. Certains beats sont carr&#233;ment pop par essence, &#224; l'instar de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=WdCUL40A6fE&amp;ab_channel=CASISDEAD&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marylin&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Venom&lt;/i&gt;. La couleur g&#233;n&#233;rale de l'album n'est pas rap, c'est finalement le flow de &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; qui vient nous rappeler dans quel bac se range le disque. En terme d'ing&#233;nierie sonore c'est ultra soign&#233;, &#231;a faisait longtemps que je n'avais pas entendu un disque aussi bien mix&#233; et masteris&#233;. C'est beau, c'est fin, en m&#234;me temps &#231;a p&#232;te, chaque effet est parfaitement dos&#233;, chaque fr&#233;quence ajust&#233;e au poil, on profite de chaque d&#233;tail et le tout en coh&#233;rence avec la ligne directrice n&#233;o 80's. Les britanniques sont admirables quand il s'agit d'assumer une D.A. en allant piocher dans des genres sans les trahir pour en faire quelque chose d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;video&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/J4MQtDCUIQ8?si=oN4dsIQGv_R_Z0uV&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il y a peut-&#234;tre un d&#233;faut &#224; l'album, c'est que face &#224; ce r&#233;sultat ma&#238;tris&#233; et homog&#232;ne, si joliment fa&#231;onn&#233; ; on en viendrait presque &#224; regretter un petit manque de &lt;i&gt;roughness&lt;/i&gt;, la petite tarte dans la gueule, la pinc&#233;e de radicalit&#233; visc&#233;rale et cradingue qui font certains chef d'oeuvres comme le premier &lt;strong&gt;Wu Tang&lt;/strong&gt;, le premier &lt;strong&gt;Dizzee Rascal&lt;/strong&gt;, premier &lt;strong&gt;The Streets &lt;/strong&gt; ou le premier &lt;strong&gt;Roots Manuva&lt;/strong&gt;, c'est &#224; dire des albums fabriqu&#233;s avec une vision singuli&#232;re, certes, mais aussi et surtout avec trois francs six sous et la rage au ventre. Ce qui n'est, ici, d&#233;j&#224; plus le cas, &#224; en juger par les intervenants et les moyens d&#233;ploy&#233;s. La rudesse v&#233;ritable se trouve plut&#244;t sur la tape &lt;i&gt;The Number 23&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins &lt;i&gt;Famous Last Words&lt;/i&gt; est le beau et grand r&#233;sultat d'une gestation lente, l'aboutissement d'une vision m&#251;rie et concr&#233;tis&#233;e par des personnes hautement qualifi&#233;es. Une formule unique, qui devrait bien vieillir. Maintenant, on aurait presque envie que &lt;strong&gt;CAS&lt;/strong&gt; disparaisse encore pendant 10 ans&#8230; et revienne avec une drogue de synth&#232;se d'&#233;gale qualit&#233;. Au fait, &lt;i&gt;famous last words&lt;/i&gt;, pourrait se traduire ici par &lt;i&gt;Le mot de la fin&lt;/i&gt; (avec l'id&#233;e d'une v&#233;rit&#233; d&#233;finitive), ce qui ne manque pas d'ironie, pour un premier album. La mort qui r&#244;de, toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;liens vers articles/itw pour creuser : &lt;a href=&#034;https://issuu.com/loudandquiet/docs/issue73/19?e=5693215/31920554&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Loud and Quiet&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://issuu.com/bboykonsian/docs/brochure-casisdead?utm_med ium=referral&amp;utm_source=www.bboykonsian.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bboykonsian&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=SyUqoyTmFr4&amp;ab_channel=PRONOUNCEDDEAD&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rinse FM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>MF DOOM</title>
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&lt;p&gt;TOUT N'AURA DONC &#201;T&#201; QUE LEGENDE AVEC DANIEL DUMILE. &lt;br class='autobr' /&gt; De ses d&#233;buts en tant que Zev Love X, au sein du groupe KMD, qu'il forme avec son fr&#232;re, puis la mort de celui-ci qui l'affecte gravement au point qu'il disparut lui-m&#234;me quelques ann&#233;es de la surface de la terre. Jusqu'&#224; son retour, masqu&#233; pour toujours, sur la sc&#232;ne d'un open mic new-yorkais, &#233;claboussant ses semblables de sa virtuosit&#233; retrouv&#233;e. La voix n'est plus tout &#224; fait la m&#234;me, le bonhomme ne se ressemble plus. La faute peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.swampdiggers.com/MF-Doom" rel="tag"&gt;MF DOOM&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH69/arton502-1ed35.jpg?1634834096' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='69' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;TOUT N'AURA DONC &#201;T&#201; QUE LEGENDE AVEC DANIEL DUMILE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1932 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/drdoom.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH793/drdoom-b21dd.jpg?1609745556' width='500' height='793' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De ses d&#233;buts en tant que &lt;strong&gt;Zev Love X&lt;/strong&gt;, au sein du groupe &lt;strong&gt;KMD&lt;/strong&gt;, qu'il forme avec son fr&#232;re, puis la mort de celui-ci qui l'affecte gravement au point qu'il disparut lui-m&#234;me quelques ann&#233;es de la surface de la terre. Jusqu'&#224; son retour, masqu&#233; pour toujours, sur la sc&#232;ne d'un open mic new-yorkais, &#233;claboussant ses semblables de sa virtuosit&#233; retrouv&#233;e. La voix n'est plus tout &#224; fait la m&#234;me, le bonhomme ne se ressemble plus. La faute peut &#234;tre, si l'on en croit donc la l&#233;gende &#224; ce temps pass&#233; comme SDF, port&#233; sur la bouteille, &#224; cette p&#233;riode d'impossible deuil - et d'amertume vis-&#224;-vis de l'industrie musicale. C'est dans l'&#233;preuve et la souffrance que les h&#233;ros se construisent, on le sait quand on a lu plein de comics et &lt;strong&gt;Daniel Dumile&lt;/strong&gt; le sait aussi, qui adopte un nouveau pseudonyme (un parmi d'autres mais qui reste le principal), inspir&#233; d'un personnage de comics justement : &lt;strong&gt;MF DOOM&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s le super-vilain &lt;strong&gt;Doctor Doom&lt;/strong&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gende, toujours. &lt;strong&gt;Daniel Dumile&lt;/strong&gt; est britannique, n&#233; &#224; Londres mais grandi &#224; New-York, puis a v&#233;cu en r&#233;gion d'Atlanta (j'avais lu &#231;a quelque part, je m'&#233;tais imagin&#233; qu'il finirait par rapper sur de la trap, imaginez un &lt;strong&gt;Future&lt;/strong&gt; X &lt;strong&gt;MF DOOM&lt;/strong&gt; ou un &lt;strong&gt;Gucci Mane&lt;/strong&gt; X &lt;strong&gt;MF DOOM&lt;/strong&gt;...). Et il aura pondu un chef d'oeuvre en Californie avec &lt;strong&gt;Madlib&lt;/strong&gt; et un &#233;norme stock de beuh et de champis. La l&#233;gende encore. Les concerts auxquels il envoie un autre que lui. L'impossibilit&#233; pendant longtemps de le voir jouer en Europe ou du moins en France &#224; cause d'une sombre histoire d'interdiction de quitter le territoire am&#233;ricain&#8230; L&#233;gende, l&#233;gende, l&#233;gende. Le masque aura beaucoup jou&#233;, nimbant de fait le personnage d'un insondable myst&#232;re et d'une grosse dose de charisme. Jusqu'&#224; cette mort stup&#233;fiante (sans jeu de mot), de cause inconnue, annonc&#233;e par sa femme&#8230; Deux mois jour pour jour apr&#232;s qu'elle soit survenue, un 31 d&#233;cembre qui plus est, d'une ann&#233;e 2020 d&#233;j&#224; riche en actualit&#233; peu joyeuse. &lt;strong&gt;Daniel Dumile&lt;/strong&gt;, 49 ans, n'est donc plus de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH338/k7-f5634.jpg?1609745556' width='500' height='338' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mon premier contact avec son rap se fait via une K7 sur laquelle mon ami &lt;strong&gt;Lasse Russe&lt;/strong&gt; a dupliqu&#233; l'album &lt;i&gt;Operation Doomsday&lt;/i&gt; (l'album sort initialement en 1999, remasteris&#233; en 2001). Je mets un peu de temps avant d'&#233;couter car je n'ai jamais entendu parler de &lt;strong&gt;MF DOOM&lt;/strong&gt;. Un soir, revenant de chez un pote en voiture (j'habite en province chez mes parents &#224; cette &#233;poque), je glisse la K7 dans le lecteur. Parfois le contexte joue. Je suis seul dans la voiture, il fait nuit, pas grand monde sur la route, j'ai les chakras totalement ouverts, je suis pr&#234;t. C'est un choc, une r&#233;v&#233;lation. Les prods, les samples d&#233;coup&#233;s &#224; la machette, l'encha&#238;nement abrupt des morceaux entrecoup&#233;s d'extraits de films ou de dessins anim&#233;s, l'ambiance sonore globale de l'album, le c&#244;t&#233; brut et &#224; la fois sophistiqu&#233;, fourmillant. Et bien s&#251;r le rap, le grain de la voix, cette voix un peu grasse et sp&#233;ciale. Le flow, les mots qui s'imbriquent, les sonorit&#233;s qui se r&#233;pondent dans tous les sens, bref, je n'ai jamais entendu &#231;a. Un truc &#224; part. Je me passionne pour l'&#339;uvre de ce rappeur/beatmaker masqu&#233;. Internet arrive chez mes vieux, tr&#232;s pratique pour p&#234;cher de l'info, en compl&#233;ment des magazines sp&#233;s. Un peu compliqu&#233; de se rep&#233;rer car le bonhomme sort beaucoup de choses en seulement quelques ann&#233;es et multiplie les alias : &lt;strong&gt;Viktor Vaughn&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;King Geedorah&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Metal Fingers&lt;/strong&gt; etc. Mon deuxi&#232;me gros coup de coeur sera d'ailleurs l'album &lt;i&gt;Take me to Your Leader&lt;/i&gt; sorti sous l'alias &lt;strong&gt;King Geedorah&lt;/strong&gt; en 2003. Les prods sign&#233;es &lt;strong&gt;Metal Fingered Villain&lt;/strong&gt; (toujours &lt;strong&gt;DOOM&lt;/strong&gt;) sont incroyables. On dirait la B.O d'un film, de plusieurs films en fait, &#224; mi-chemin entre &lt;i&gt;blaxpoitation&lt;/i&gt; et science fiction psych&#233;d&#233;lique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1939 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/piano_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH488/piano_2-a7c1a.jpg?1634912315' width='500' height='488' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je recolle les morceaux d'une carri&#232;re dont je d&#233;couvre qu'elle a donc commenc&#233; sans masque au d&#233;but des ann&#233;es 90, avec le groupe &lt;strong&gt;KMD&lt;/strong&gt;. Deux tr&#232;s bons albums au compteur : &lt;i&gt;Mr Hood&lt;/i&gt; et le fameux &lt;i&gt;Black Bastards&lt;/i&gt; avec sa cover mythique. Je d&#233;couvre que &lt;strong&gt;Daniel&lt;/strong&gt; a eu un fr&#232;re, que le fr&#232;re meurt dans un accident de voiture, que &lt;strong&gt;Daniel&lt;/strong&gt; dispara&#238;t, puis r&#233;appara&#238;t comme &#233;voqu&#233; en pr&#233;ambule. Je trouve l'histoire fascinante, &#231;a rend l'artiste l&#233;gendaire. Je me construis toute une mythologie avec &#231;a. Je projette mentalement la vie d'errance de &lt;strong&gt;DOOM&lt;/strong&gt; dans les rues new-yorkaises, inconsolable, alcoolique, faisant du mauvais gras et perdant sa voix juv&#233;nile. Mais ayant toujours envie de rapper, cherchant comment se r&#233;inventer, stockant de la rime en secret, puis se d&#233;cidant enfin, pouss&#233; par je ne sais quelle sourde motivation &#224; se pr&#233;senter sur sc&#232;ne masqu&#233; et &#224; rapper comme un roi de l'underground, qu'il serait instantan&#233;ment devenu, pour commencer. J'imagine les t&#234;tes m&#233;dus&#233;es dans le public, les spectateurs foudroy&#233;s par tant de talent et d'aisance. Je me raconte une telle histoire &#224; propos de ce mec, j'imprime tout ce que je trouve sur lui, articles ou interviews. C'est mon h&#233;ros du rap, l'effet masque fonctionne &#224; fond. Je trouve son flow hallucinant de souplesse et de ma&#238;trise, je ne comprends pas tout mais je capte que le mec manipule la langue avec brio.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1928 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/madvillainy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH500/madvillainy-18334.jpg?1609745557' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis, en 2004, arrive ce qui reste, &#224; mon humble avis, son chef d'oeuvre (et l'un des meilleurs albums de rap de l'histoire) : l'album commun avec &lt;strong&gt;Madlib&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Madvillainy&lt;/i&gt;. D&#233;j&#224; &lt;strong&gt;Lasse Russe&lt;/strong&gt;, encore lui, me refile un obscur leak de l'album, o&#249; figure une bonne partie des morceaux, mais pas toujours avec les bons titres, pas dans le bon ordre et pas forc&#233;ment les bonnes versions. Bref, un truc qui loin de trop me spoiler la sortie officielle de l'opus me fait encore plus baver. Et l'album sort enfin, classique instantan&#233;. La cover, sobre et belle ; la tracklist au dos, les cr&#233;dits, tout est d&#233;j&#224; culte, m&#234;me sans avoir &#233;cout&#233; le disque. Puis on d&#233;couvre le contenu et le plaisir est immense. L'association des deux, c'est l'&#233;vidence, la magie. L'histoire s'&#233;crit &#224; coup de samples et de blunts, de bidouillages divers, on sent que peut-&#234;tre on tient l&#224; une oeuvre qui fera date. Sur cet opus &lt;strong&gt;DOOM&lt;/strong&gt; est &#224; son meilleur, il rappe comme un Dieu, sous substances, qui n'a rien &#224; prouver. La voix est toujours pleine de grain, voil&#233;e, parfois presque tra&#238;nante. Son flow de jazzman est d'une pr&#233;cision diabolique alors m&#234;me qu'on a l'impression qu'il n'en a rien &#224; foutre. Il ne force jamais, semble rapper quand &#231;a le chante, presque au pif. Il enquille les phases, fait des pauses, repart. Semble d&#233;marrer sur les prods sans logique apparente. En r&#233;alit&#233;, il d&#233;livre une le&#231;on de rap pur. Pas de refrain, rien que du kickage. Une le&#231;on de groove et de placements, de gestion des silences, de changement de rythme etc. Un truc &#224; &#233;tudier dans les &#233;coles. Avec les copains, combien de fois on a pull up son d&#233;part sur &lt;i&gt;Accordion&lt;/i&gt; en se demandant comment c'est possible de partir comme &#231;a et de toujours retomber sur ses pattes. Je n'ai pas perc&#233; le myst&#232;re. Ce morceau - ce gros couplet plut&#244;t - et cette prod triste, me font le m&#234;me effet dix sept ans plus tard. On doit bien s&#251;r la qualit&#233; de l'album pour moiti&#233; &#224; &lt;strong&gt;Madlib&lt;/strong&gt;, autre l&#233;gende dans son genre, sampleur fou aux oreilles dor&#233;es. Bien que &lt;strong&gt;DOOM&lt;/strong&gt; soit lui-m&#234;me un beatmaker talentueux et prolifique, un brutal d&#233;coupeur de samples, il a cette fois &#224; ses c&#244;t&#233;s un ma&#238;tre en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005 sort un autre album collaboratif, avec Danger Mouse cette fois, &lt;i&gt;The Mouse and The Mask&lt;/i&gt;. Projet tr&#232;s s&#233;duisant, tr&#232;s cool &#224; l'&#233;coute, mais forc&#233;ment moins marquant que l'album avec &lt;strong&gt;Madlib&lt;/strong&gt;. Parce-que plus cadr&#233;, plus ouvertement mainstream, moins brut que les sorties habituelles du super Villain. Bel &#233;quilibre n&#233;anmoins entre les vell&#233;it&#233;s pop d'un &lt;strong&gt;Danger Mouse&lt;/strong&gt; en pleine explosion et le rap cartoonesque d'un &lt;strong&gt;MF DOOM&lt;/strong&gt; &#224; l'aise en toutes circonstances (pas un hasard si l'album est truff&#233; de samples et d'extraits de la cha&#238;ne Adult Swim, sp&#233;cialis&#233;e dans les anim&#233;s pour adultes). On y retrouve &lt;strong&gt;Ghostface Killah&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Talib Kweli&lt;/strong&gt; et, tiens donc, &lt;strong&gt;Cee Lo Green&lt;/strong&gt; (sur le morceau le plus enjaillant de l'album).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1937 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L358xH447/piano-293b5.jpg?1609621224' width='358' height='447' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;2007, je d&#233;couvre &lt;i&gt;MM Food&lt;/i&gt; via une r&#233;&#233;dition (sortie initiale en 2004), et en 2009 sort &lt;i&gt;Born like This&lt;/i&gt;. Deux albums solos de bonne facture, dans la continuit&#233; d'&lt;i&gt;Op&#233;ration Doomsday&lt;/i&gt; et de ce que DOOM aura finalement toujours fait : des samples, des beats, du rap, z&#233;ro refrain. L'effet de surprise en moins. Et il faut compter, en plus et au milieu de tout &#231;a des compilations de prods (la folle s&#233;rie des &lt;i&gt;Special Herbs&lt;/i&gt; sous l'alias &lt;strong&gt;Metal Fingers&lt;/strong&gt;) ; on retrouve pas mal de ces m&#234;mes prods sur ses albums solos ou ceux d'autres rappeurs. Moults featurings, comme sur le tr&#232;s bon &lt;i&gt;Rock Co.kane Flow&lt;/i&gt; des &lt;strong&gt;De La Soul&lt;/strong&gt;, avec une grosse prod de &lt;strong&gt;Jake One&lt;/strong&gt;. Ou encore des one shot avec des beatmakers (&lt;i&gt;My favorite Ladies&lt;/i&gt; sur une prod de &lt;strong&gt;The Prof&lt;/strong&gt; par exemple). C'est aussi un peu la bonne &#233;poque des sorties de maxis vinyls et des labels ind&#233;s faisant feu de tout bois, genre&lt;strong&gt; Nature Sounds&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Rhymesayers&lt;/strong&gt;, et autres &lt;strong&gt;Fatbeats&lt;/strong&gt; (c&#233;l&#232;bre shop/distributeur new-yorkais). Et les collectionneurs partent &#224; la chasse aux tr&#233;sors. N'oublions pas la participation de &lt;strong&gt;DOOM&lt;/strong&gt; &#224; l'album &lt;i&gt;Demon Days&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Gorillaz&lt;/strong&gt; (produit ou plut&#244;t co-produit par... &lt;strong&gt;Danger Mouse&lt;/strong&gt;), sur le fabuleux &lt;i&gt;November Has Come&lt;/i&gt;. Etant ultrafan de &lt;strong&gt;DOOM&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;Gorillaz&lt;/strong&gt; je suis comme un dingue quand j'apprends que cette collaboration existe, et pas d&#233;&#231;u du r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, sans m'en rendre compte, j'ai arr&#234;t&#233; d'&#233;couter &lt;strong&gt;Daniel Dumile&lt;/strong&gt;. Je suis pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; des albums communs avec &lt;strong&gt;Jneiro Jarrel&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Bishop Nehru&lt;/strong&gt; ou plus r&#233;cemment, celui avec &lt;strong&gt;Czarface&lt;/strong&gt;. Les classiques dont il nous a d&#233;j&#224; gratifi&#233;s me suffisent amplement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L451xH312/end-21c9e.jpg?1609617113' width='451' height='312' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; qu'il n'y a plus personne derri&#232;re le masque. Voil&#224; que, si je ne suis pas triste au sens purement &#233;motionnel du terme, je vois dispara&#238;tre un de ceux qui, par son parcours, ses talents et ses myst&#232;res, aura particip&#233; grandement &#224; ma passion d&#233;raisonnable pour cette musique qu'on appelle rap, ses figures, ses personnages. Un peu plus que d'autres en tout cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors&#8230; Adieu Villain et merci pour tout.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_1940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/cover-20.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH500/cover-20-d7a45.jpg?1634912316' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et pour compl&#233;ter cet hommage Crem a compil&#233; les meilleures apparitions hors albums de ces dix derni&#232;res ann&#233;es du regrett&#233; MF DOOM : &lt;a href=&#034;https://mega.nz/folder/2WAVEY4Z#PhOwN2a0Q-6YssEvLYXlvw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Masque et la Plume&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;a href=&#034;https://mega.nz/folder/2WAVEY4Z#PhOwN2a0Q-6YssEvLYXlvw&#034; class=&#034;btn btn-swamp btn-lg&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;&lt;span class=&#034;glyphicon glyphicon-save&#034;&gt;&lt;/span&gt; T&#233;l&#233;charger&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cover : rimrimrim&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Devin, le mec</title>
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&lt;p&gt;&#034;I just wanna fuuuuuck you&#034;. C'est s&#251;rement avec cette sentence lapidaire mais m&#233;lodieuse que le grand public d&#233;couvrit Devin The Dude en 2001, sur le subtil Fuck You du Chronic 2001 de Dr Dre. &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;couter la playlist sur Spotify / Apple Music Pourtant, il n'est pas exactement un petit nouveau que Dre aurait pris sous son aile m&#234;me si cette participation &#224; un tel blockbuster (et le Up In Smoke Tour ensuite) a largement contribu&#233; &#224; booster la carri&#232;re du rappeur sign&#233; sur le label (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L150xH75/arton356-2d9d4.png?1634876141' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;I just wanna fuuuuuck you&#034;. C'est s&#251;rement avec cette sentence lapidaire mais m&#233;lodieuse que le grand public d&#233;couvrit Devin The Dude en 2001, sur le subtil &lt;i&gt;Fuck You&lt;/i&gt; du &lt;i&gt;Chronic 2001&lt;/i&gt; de Dr Dre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;son&#034;&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;120&#034; src=&#034;https://www.mixcloud.com/widget/iframe/?hide_cover=1&amp;feed=%2FSwampDiggers%2Fswampdigers-devin-the-dude-mix%2F&#034; frameborder=&#034;0&#034; &gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;&#201;couter la playlist sur &lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/playlist/5xYSPceXcgzEB9OlQHQccs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i class=&#034;fa fa-spotify&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;/i&gt; Spotify&lt;/a&gt; / &lt;a href=&#034;https://itunes.apple.com/fr/playlist/devin-the-dude-devin-le-mec/pl.u-84L2aTGgbkR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i class=&#034;fa fa-apple&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;/i&gt; Apple Music&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il n'est pas exactement un petit nouveau que &lt;strong&gt;Dre&lt;/strong&gt; aurait pris sous son aile m&#234;me si cette participation &#224; un tel blockbuster (et le &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ZqUje0EuQi4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Up In Smoke Tour&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; ensuite) a largement contribu&#233; &#224; booster la carri&#232;re du rappeur sign&#233; sur le label &lt;strong&gt;Rap-A-Lot&lt;/strong&gt; depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90 (qu'il quittera en 2008). D'abord en groupe avec le &lt;strong&gt;Odd Squad&lt;/strong&gt; (qui deviendra ensuite les &lt;strong&gt;Coughee Brothaz&lt;/strong&gt;), mais surtout en solo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas non plus qu'une sorte de &lt;strong&gt;Snoop&lt;/strong&gt; texan, m&#234;me s'il existe des points communs entre les deux artistes, notamment un penchant prononc&#233; pour la weed. &lt;strong&gt;Devin&lt;/strong&gt; ne rappe pas de la m&#234;me mani&#232;re, ni sur les m&#234;mes musiques, est encore plus chill que le chien de Long Beach, plus rural et artisan dans l'esprit. Un mec simple qui aime (&#233;norm&#233;ment) les p&#233;tards, les femmes et... la p&#234;che (son insta est truff&#233; de photos de weed, de tourn&#233;es et de&#8230; gros poissons fra&#238;chement sortis de l'eau). On peut &#233;ventuellement rapprocher son rap de celui d'un &lt;strong&gt;Too $hort&lt;/strong&gt;, mais le flow de ce dernier est plus lin&#233;aire. Ils ont en commun cependant un talent &#233;vident pour le story-telling. On pense &#224; &lt;strong&gt;Slick Rick&lt;/strong&gt; aussi pour le grain de voix, la nonchalance, les histoires, encore.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH501/devin-aa645.jpg?1540281319' width='500' height='501' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devin&lt;/strong&gt; est ce type roulant doucement dans une vieille Cadillac racontant sa derni&#232;re soir&#233;e o&#249;, apr&#232;s s'&#234;tre envoy&#233; la soul food de son restau pr&#233;f&#233;r&#233;, il a dragu&#233; une nana dans le bar du coin, qui a fini chez lui &#224; partager sa weed et comment enfin, totalement d&#233;fonc&#233;s, ils ont termin&#233; au lit. A moins que, pas avare non plus d'aventures o&#249; la lose est assum&#233;e, le restau fut ferm&#233;, la nana payante et pas nette et la weed oubli&#233;e dans les chiottes du rade. C'est &#231;a, &lt;strong&gt;Devin The Dude&lt;/strong&gt;. Et dans ce cr&#233;neau du &lt;i&gt;laid back&lt;/i&gt; ultime c'est tout simplement le meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naissance dans le Michigan, enfance en Floride, il atterrit &#224; Houston ado, o&#249; il se met &#224; la musique. En plus d'une signature chez Rap-A-Lot, le Odd Squad est rep&#233;r&#233; par &lt;strong&gt;Scarface&lt;/strong&gt;, l&#233;gende du rap et star du label. Conquis par Devin, il en fera un membre de son groupe &lt;strong&gt;Facemob&lt;/strong&gt;. Surtout, il l'&#233;paulera pour son premier solo en l'aidant &#224; trouver une discipline de travail en studio, des productions et musiciens, etc. (&#224; l'&#233;poque, &lt;strong&gt;Mike Dean&lt;/strong&gt;, autre l&#233;gende des studios, bosse sur les albums du label). Le r&#233;sultat est &#224; la hauteur, &lt;i&gt;The Dude&lt;/i&gt;, premier classique, sort en 1998 et installe un style unique dont il est aujourd'hui encore seul repr&#233;sentant, tant au niveau de la couleur musicale que du rap en lui m&#234;me. Flow chaloup&#233;, voix douce, atmosph&#232;res tranquilles, basses ronronnantes, refrains chantonn&#233;s, sorte de funk calme m&#226;tin&#233;e de blues et soul. Un univers immuable qu'il d&#233;roulera sur l'ensemble de ses albums.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L391xH391/album-f7fa4.jpg?1539978059' width='391' height='391' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a, objectivement, pas de d&#233;chet dans sa discographie solo. 9 albums en 19 ans, certains plus r&#233;ussis et marquants que d'autres mais aucune r&#233;elle fausse note ni r&#233;elle faute de go&#251;t. C'est l'avantage de ne jamais d&#233;vier de sa trajectoire. L'&#339;uvre de Devin n'est pourtant pas interchangeable, ne suit jamais les tendances de son &#233;poque. On notera simplement que le son se modernise avec le temps, mais l'ADN reste identique. Le chant prend une place plus importante au fil des sorties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Dude a son public, fid&#232;le. Tourne dans tout le pays, parfois en Europe (rarement a priori), r&#233;alise lui m&#234;me ses clips en se filmant avec un drone (il est aussi f&#233;ru de ce qui est t&#233;l&#233;guid&#233; et radiocommand&#233;), a toujours le sourire et un blunt au bec. Et &#224; 48 ans &#231;a lui suffit. Dans le game depuis plus de 20 piges, il a collabor&#233; avec des rappeurs de tous horizons, se fendant chaque fois d'un couplet et/ou d'un refrain assur&#233;ment catchy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il conna&#238;t tout le monde et tout le milieu le conna&#238;t. Le profil type du &#8220;rappeur pr&#233;f&#233;r&#233; de ton rappeur pr&#233;f&#233;r&#233;&#8221; comme on dit. Il pourrait solliciter telle ou telle (rap)star internationale &lt;i&gt;overbankable&lt;/i&gt; pour tenter un gros coup de buzz. Il pourrait, mais l&#224;, il doit finir de rouler son joint et retrouver ses potes pour aller p&#234;cher du gros poisson dans les rivi&#232;res de sa cambrousse.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_1256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.swampdiggers.com/IMG/jpg/devin_tibo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.swampdiggers.com/local/cache-vignettes/L500xH500/devin_tibo-f4139.jpg?1540281319' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En bonus, ce mix sp&#233;cial Devin 100% laid back pour accompagner cette semaine plac&#233;e sous le signe de H-Town.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Listes des pistes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Intro live dude&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - I'm High&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Acoustic Levitation&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Doobie Ashtray&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Somebody Else's Wife (Feat. 14K)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Coughee Brothaz - On The Road&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - To Tha X-Treme&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Do What You Wanna Do&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Just Tryin Ta Live (Feat. Odd Squad)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Like Some Hoes Ft. Geto Boys&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Coughee Brothaz - No Such Thing As I Cant&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Sticky Green Feat Scarface&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Scarface - Fuck Faces (feat. Too Short, Devin the Dude &amp; Tela)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Facemob - The Other Side&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Fa Sho Ft.Odd Squad&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - You So Real&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - The Dude&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - One Day At A Time (Feat. K-Dee &amp; K.B.)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Coughee Brothaz - Fresh Rims And Vouges&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Nothin' to Roll With&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dr Dre feat Devin The Dude &amp; Snoop Dogg - Fuck You&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Willy J Peso - Funky Hippie Shit feat. Devin the Dude&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Odd Squad - Here To Say A Lil' Somethin'&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Herb The Nation&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Get High&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Party (Feat. KB &amp; Man Child)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Coughee Brothaz - On A Hunt For A Lady&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Paul Wall - Crumble The Satellite Feat. Devin The Dude &amp; Curren$y&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - I'm In The Galaxy (Ft. Roe Hummin)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Too Short Feat. Devin The Dude, Bun B, Big Gipp - Pimp Life&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Where Ya At ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Gimme Some&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - No Longer Needed Here&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Do You Love Gettin' High&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Stray&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 03 Greedo - I Can't Stand (feat. Devin The Dude)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin the Dude - Apartment #8216&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - 17 Holes (Feat. The Coughee Brothaz)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Lacville '79&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Anythang&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Devin The Dude - Hear The Sound&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Texte : Mo&#239;se the Dude&lt;br class='autobr' /&gt;
Mix et illustration : Tibo BRTZ&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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