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Mixes/Compilations

SwampDiggers’ Summer Camp #2

Sélection d’albums pour période estivale

Dirt Noze & La rédaction, le 5 juillet 2017

Cette année, notre équipe de joyeux crocodiliens aux dents longues continue sa sélection des meilleurs disques de rap à écouter pendant la saison chaude.

Une sélections d’albums à siroter en duo ou en troupeau, à l’ombre ou en plein cagnard, dans un hamac ou au coeur de la bagarre.

- Télécharger le mix


Amherst - Disco Thuggin ! 2014
Avec Beautiful Thugger Girls, Young Thug a abandonné son AK-47 pour une guitare sèche. Si l’essai peut sembler quelque peu mitigé, on s’aperçoit néanmoins que l’artiste est capable de s’adapter à tout genre de musique. Et il n’aura pas fallu attendre 2017 pour l’entendre sur autre chose que des hi-hats et des 808, en 2014 Amherst avait déjà réalisé un court EP de remixes disco de Young Thug. Si ces mots mis côte à côte peuvent ressembler à un cadavre exquis, le projet est pourtant un des plus rafraîchissants de tous les remixes trap de ces dernières années. Les diamants dansent et brillent autant qu’une boule à facette et l’on regrette sincèrement qu’il n’y ait que quatre titres pour assouvir notre passion nouvelle pour le disco. (George de la Maille)
- Track : Donald Glover


Artifacts - Between a rock and a hard place (1994)
"Between a rock and a hard place" ravira les nostalgiques à la recherche de morceaux east coast de la première moitié des nineties pour accompagner leurs virées estivales. Gemme boom-bap sombrée dans l’oubli, cet album marque le début du duo Tame One et El Da Sensei qui dévoilent ici leur virtuosité au micro et confirment alors l’attention qu’on leur porte à l’époque. Porté par des instrumentaux composés par T-Ray, Buckwild ou encore Redman, cet album regorge de morceaux riches en rythmiques cadencées, basses imposantes et boucles bien choisies pour un résultat visant à faire osciller la nuque de l’auditeur. Comme une parfaite illustration de l’esprit b-boy de l’époque considérant alors le hip-hop dans sa totalité, les deux rappeurs n’hésitent pas à faire particulièrement la part belle au graffiti, qui apparait ici comme pilier essentiel des 4 disciplines (notamment sur le titre "Wrong side of da tracks"). En définitive, un album classique au son chaud, à point pour accompagner la montée des degrés Celsius et admirer ces hiéroglyphes étranges peinturlurés sur des wagons. (Tis)
- Track : Wrong side of da tracks


A-Trak - Dirty South Dance (2007)
2007, la mode des mash-up est à son apogée. Des milliers de pages Myspace dégueulent de mélanges improbables bricolés sur FL Studio dans des chambres du Crous afin d’alimenter les soirées fluokids. Bien que longtemps considéré comme l’enfant attardé du rap US, le Dirty South atteint enfin les « branchés » en pleine gueule et envahit les vernissages et les clubs, alors en pleine vague blog house, baltimore club et autre fidget. La musique "dance" et le rap commencent sérieusement à batifoler, souvent pour le pire, parfois pour le meilleur : les adlibs de Lil Jon deviennent des instruments à part entière, DJ Mehdi rejoint l’écurie Ed Banger, les chroniques de Young Jeezy se mélangent à celles de Digitalism dans Clark Magazine,… Aux côtés de Hollertronix ou DJ Craze, A-Trak est alors une des figures de proue de ce mouvement, le cul parfaitement installé entre 2 chaises (compétitions DMC et tournées avec Kanye d’une part, patron d’un label électro, Fool’s Gold, de l’autre). On retrouve dans DSD le meilleur des 2 mondes : Simian Mobile Disco, Soulwax, les français d’Institubes ou de Cassius sur lesquelles sont calés les vocaux de Young Joc, Clipse, Lil Wayne, Trillville, Rich Boy, DJ Unk ou Pimp C. Ceux qui découvriront ce mix aujourd’hui seront sans doute désarçonnés, notamment par sa capacité à dénaturer l’aspect poisseux du Sud et à en gommer les aspérités au profit d’un son plus coloré et naïf. Les autres, eux, le consommeront comme une bouffée de nostalgie en se remémorant quelques souvenirs de pistes de danse. (Jocelyn Anglemort)
- Track : Frenchies Act A Fool


Chief Keef - Thot Breaker (2017)
Prévue pour la Saint Valentin 2015, et malgré la sortie de quelques morceaux l’année précédente, la mixtape Thot Breaker n’avait jamais vu le jour. Deux ans plus tard, le projet, constitué de nouveaux enregistrements, est bel et bien terminé. Si Two Zero One Seven était très expérimental, sur Thot Breaker, Chief Keef prouve qu’il peut tout à fait se concentrer. Mais attention, ne vous laissez pas berner par l’innocence des productions et de sa voix : le rappeur parle bien d’inciter des femmes en couple à coucher avec lui juste pour une nuit, quand ce n’est pas tromper lui-même sa copine. Une ode à l’épicurisme tombée à pic pour savourer cet été. (George de la Maille)
- Track : Drank Head


Dazzie Dee - Where’s My Receipt ? (1996)
Le premier album solo de Dazzie Dee, produit quasi intégralement par le surdoué Battlecat, est un concentré de tubes. Après avoir sorti un premier EP avec Dr. Dre et Sir Jinx, puis signé sur le label d’Ice Cube, Tha Lench Mob, l’ancien membre des Crips tente l’aventure en solo, et sort ce premier long format chez Capitol. La formule fonctionne à merveille, les productions toniques ou laid back de Battlecat font mouche à chaque piste, il n’y a rien à jeter. Dazzie Dee continuera son chemin à travers l’underground californien, aussi bien au micro qu’à la production, pour des pointures comme Suga Free et Mausberg notamment. Un vrai G-funk classique à (re)découvrir pour savourer l’été dans des conditions optimales. (Tibo BRTZ)
- Track : Ain’t No Bustaz This Way


Diego Money - Diego Money and Friends) (2017)
Bien que moins connu du grand public que son accolyte du moment Famous Dex, Diego Money est pourtant l’un des précurseur de cette new wave élaborée par Mexikodro, PoloBoyShawty et consorts. Popularisée notamment par Lil Yachty et Playboi Carti (qui a d’aillleurs chipé à Diego Money un des morceaux qui lui a permis de se faire remarquer), ce style ultra mélodieux et minimaliste fortement inspiré par Zaytoven est aujourd’hui incontournable. Propulsé par le hit "Plug", il est en l’espace d’un an devenu un des nouveaux types de son les plus prisés.
Alors que Mexikodro était encore dans l’anonymat le plus total et qu’il vendait ses productions pour une poignée de dollars, Diego Money a été un des premier a sentir son potentiel pour finalement lui confier la production d’une mixtape dans son intégralité, quelques mois plus tard. .
Comme son nom l’indique, Diego Money & friends est une sorte de compilation qui regroupe les collaborations entre Diego Money et ses potes, à savoir Famous Dex, UnoTheAcivist, ThouxanBanFauni, YSL Duke, Lil Tracy, Warhol S.S, Xavier Wulf et plus encore.
Orchestré par une dream team de producteurs (Zaytoven, Franchise, PoloBoyShawty, Brentrambo, Mexikodro, Stoopidxool, DP Beats...), cette mixtape bricolée de morceaux "hors projet" regorge de petites pépites ensoleillées et de mélodies entêtantes. Il se prêtera idéalement a un moment de détente sous le soleil caniculaire. (D.Kleinfeld)
- Track : DexterDiego


Digable Planets - Reachin’ (A New Refutation of Time and Space) (1993)
A Tribe Called Quest, The Pharcyde, De La Soul... on est dans ce genre là. En gros des flows qui coulent sur des samples de jazz. Au premier abord le choix d’un album new-yorkais peut sembler surprenant. Dès qu’on évoque New York, le rap et les nineties on imagine la pluie, le froid, des grosses doudounes, des parkas Helly Hansen et des paires de Timbos... Mais pas ici. Ici rien d’agressif, des prods arrondis, des voix calmes et posées histoire de changer des playlists sudistes et californiennes. Ça glisse tout seul. C’est smooth, c’est jazzy. Et c’est parfait avec un blanc limé. (Crem.)
- Track : Where I’m From


DJ Obscene - Houston...We Have A Problem Vol. 3 (Hosted By Bun B) (2006)
Devinette : Quel est ce chauve qui revient chaque été vêtu d’une tenue bariolée pour occuper l’espace avec un tube estival tonitruant ? Malheureusement non, ce n’est pas Vincent Lagaf, mais bien ce bon Pitbull, esthète de la zumba globalisée et idole des amateurs de churros. Et ce retour est une bénédiction puisqu’il nous rappelle que, bien avant d’arpenter les scènes avec ses costumes trop serrés, Mr. Worldwide officiait chez TVT Records et laissait apparaitre de vraies qualités de rappeur, à l’image de ses prestations sur Rock Bottom ou Born and Raised que l’on retrouve sur ce 3ème volet de la série Houston...We Have A Problem. Usinée par DJ Obscene, cette mixtape réunit sur 34 morceaux toutes les stars du Sud autour d’une sélection affinée de quelques-uns des leurs plus grands hits, ici proposés sous forme d’inédits ou de versions confidentielles : Bun B et Pimp C déboulent sur Ridin’ Dirty de Chamillionaire, Rick Ross lâche son petit freestyle sur Get Throwed, Big Hawk et Grit Boys s’attaque au mythique Draped Up
Plus qu’un simple selector, DJ Obscene apporte une vraie plus-value à la sélection par son mix minutieux, mais surtout par la qualité de ses edits, dont un incroyable blend de Pourin’ Up en ouverture… A écouter bruyamment sur le chemin d’une soirée mousse. (Jocelyn Anglemort)
- Track : Ridin Dirty (Remix)


Dru Down - Can You Feel Me (1996)
Avec sa célèbre permanente qui lui coule sur la nuque comme une grappe de raisin, la ville d’Oakland tient en Dru Down un de ses maîtres en "pimpologie". Tout au long des dix-sept titres de Can You Feel Me il déroule avec flegme, séduction et humour, son rap dynamique, fait d’apologie du proxénétisme et d’amour de la magouille, sur ces beats qui claquent aux lignes de basses rondes, bondissantes et omniprésentes. À écouter capote baissée, en faisant un dernier petit tour du territoire, avant d’installer le barbecue au bord de la piscine. (Dirt Noze)
- Track : Playa For Real


G-Side - iSLAND (2011)
Fin d’année 2011, le duo originaire de Huntsville (Alabama) sort son cinquième album "iSLAND", peut-être moins torturé que les précédents et assurément l’un des plus aboutis. Poursuivant la recette qui a fait le succès des précédents, les textes des rappeurs sudistes évoquent leur détermination de s’extraire lentement mais sûrement de la routine d’une vie de tous les jours afin de se consacrer pleinement à leur passion musicale. Et ce qui différencie ce projet de la plupart des sorties sudistes de l’époque, c’est ce contraste fort entre les rimes de ST et Clova relatant le quotidien laborieux et les productions atmosphériques et planantes des habituels compères des Block Beattaz.
Sorti chez Slow Motion Soundz, iSland se révèle ainsi un parfait album à déguster en saison estivale, flânant les yeux rivés vers le ciel. (Tis)
- Track : Cast Away feat. Joi Tiffany


Migos & Rich The Kid - Streets On Lock (2013)
Nous sommes en 2013. Alors que les Migos commençaient a peine a faire parler d’eux et que Thugger était encore présenté comme un jeune excentrique au potentiel démesuré ; avant que Quavo devienne l’homme qui feat plus vite que son ombre ou que Rich The Kid collabore avec Steve Aoki ; Atlanta fut pendant quelques temps le théâtre de la génèse du "New Atlanta".
Seulement quelques mois après avoir livré leur premier projet sérieux (et qui demeure leur meilleur projet à ce jour), le trio qui commence sérieusement a faire du bruit revient en compagnie de Rich The Kid pour offrir à la rue une mixtape fleuve intitulée "Streets On Lock".
Capharnaüm génial, ce projet regroupe la team QC à son stade embryonnaire, Peewee Longway et son équipe "MPA", Chief Keef et ses potes du Glo Gang, Trouble, Kevin Gates, Oj Da Juiceman, Soulja Boy et même Riff Raff dont le flair pour les bons coups n’a d’égal que la douceur de sa chevelure.
Gros laboratoire à ciel ouvert, ce projet costaud (25 titres tout de même) est un classique d’une époque révolue où les superstars de la scène actuelle d’ATL étaient encore en phase d’expérimentation, avec un pied dans la rue et un pied dans le studio.
(D.Kleinfeld)
- Track : All Over Me


Mike Jones - Who is Mike Jones ? (2005)
"Qui ? Mike Jones !, Qui ? Mike Jones !, Qui ? Mike Jones ! 281 330 8004"
Après l’écoute de cet album, vous ne serez plus capable de prononcez autre chose que ces mots. Mike Jones c’est qui ? C’est quoi ? C’est LE meilleur rappeur du second âge d’or du rap de Houston, c’est ce petit homme portant fièrement son durag et ses grillz et qui rappe son numero de téléphone 100 fois par morceau. "Who is Mike Jones ?" c’est un concentré de nonchalance et de débilité, un album qui justifie à lui seul l’achat d’une Cadillac et qui réveillera n’importe quel buveur de boisson violette à chaque fois qu’il entendra les violons de "Still tippin’ ". Un classique intemporel à ne surtout pas oublier en cas de bouchon sur la route des vacances. (Pierre Leskurrrrt)
- Track : Still Tippin’


Payroll Giovanni x Cardo - Big Bossin Vol. 1 (2016)
Loin des guerres de gangs et des ruines grisâtres de Detroit, Payroll Giovanni nous livre ici – en collaboration avec le producteur texan Cardo – un album ensoleillé inspiré par le rap de Los Angeles et de la Bay Area. Sur des mélodies enveloppées dans des nappes de synthés et saupoudrées de rythmiques de TR-808 et de basses groovy, le rappeur de la Motor City navigue de façon décontractée entre hustling, trafic de drogue, hood movies et vie luxueuse de Boss. À l’image des whistles présents sur certains morceaux, cet album est un vent de fraîcheur contre la canicule, une pause piscine sous les palmiers, une balade en lowrider, fenêtres ouvertes. (Gho$tFrieza)
- Track : Get Yo Shine On


Polyester The Saint - Somethin’ Ta Creez To (2011)
Polyester The Saint représente ce renouveau G-Funk, tendance "bonne ambiance et distinction", qui a fait surface ces dernières années. Sorti gratuitement en 2011, Somethin’ Ta Creez To est l’album ultime pour rider sur la corniche. Avec ses grosses lignes de basses bien rondes qui caressent les jupes des filles au feu rouge, ses nappes de synthétiseur vaporeuses qui se faufilent avec agilité dans leurs cheveux et ses refrains addictifs qui font tourner les têtes, cet album fera du très bon boulot tout l’été au volant de votre Chevrolet Impala imaginaire. (Dirt Noze)
- Track : Riding Music


Tre-8 - Ghetto Stories (1995)
Pendant plus d’une heure de gangsta hardcore, le rappeur de la Nouvelle-Orléans crache ses histoires du ghetto, d’homicides et de deals, pour ceux qui passent l’été sous le porche de leur maison, fusil à pompe sur les genoux, hochant la tête sur les rythmes G-Funk de ce classique estampillé No Limit.
Si par moments l’album apporte un vent de fraîcheur aux journées d’été, il nous plonge également régulièrement dans la canicule écrasante et moite des ghettos de Louisiane ; et certains morceaux aux ambiances plus nocturnes nous rappellent aussi que la chaleur reste oppressante quand l’obscurité tombe et que le taux de criminalité augmente. R.I.P. Tre-8. (Gho$tFrieza)
- Track : Whats happenin’


Liste des titres :

  1. Bienvenue à Crystal Lake
  2. Mikes Jones - Still tippin’ feat. Slim Thug & Paul Wall
  3. Pimp C - Pourin up feat. Bun B & Mike Jones (DJ Obscene blend)
  4. Polyester The Saint - Riding music
  5. Famous Dex - DexterDiego feat. Diego Money
  6. Migos - All over me feat. Rich The Kid
  7. Payroll Giovanni & Cardo - Get yo shine on
  8. Tre-8 - Whats happenin’
  9. Dazzie Dee - Ain’t no busters this way
  10. Artifacts - Wrong side of da tracks
  11. Dru Down - Playa fo real
  12. Deauville interlude
  13. Digable Planets - Where I’m from
  14. Amherst - Danny Glover (Tis refix)
  15. G-Side - Cast away feat. Joi Tiffany
  16. Chief Keef - Drank head
  17. A-Track - Knockin’ Erol down

Mix : Tis
Cover art : Dirt Noze & J. Anglemort


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